09.06.2008
Un peu de Raison.
Richard Dawkins (né le 26 mars 1941) est un éthologiste britannique, vulgarisateur et théoricien de l'évolution. Il est un des principaux critiques du dessein intelligent ainsi qu'un des principaux tenant de l'athéisme dans le monde anglo-saxon.
Le concept qui l'a rendu célèbre est celui de gène égoïste, exposé dans l'ouvrage du même nom publié en 1976. Ce concept l'a opposé à Stephen Jay Gould, plus sur des questions de terminologie que de fond. Un désaccord bien plus grave entre eux, et qui a débouché de sa part sur des termes désobligeants envers Gould, concernait la théorie des équilibres ponctués (qu'il voyait comme une résurgence du saltationnisme) défendue par Gould[1]. Ce débat reste l'un des grands débats scientifiques du XXe siècle.
Son livre L'Horloger aveugle a également été un succès. Toutefois, Richard Dawkins a affirmé que celui de ses livres qui lui paraissait le plus important était Le phénotype étendu, où il considère qu'il n'y a pas de raison logique de considérer que le domaine régulé par les gènes s'arrête aux limites de l'organisme qui les porte. Dans ce livre, il considère que le barrage construit par les castors constitue une expression de leurs gènes au même titre que leur fourrure. Il se livre ensuite à des considérations entre la taille des gènes et la taille de ce que ceux-ci engendrent. Il s'agit d'un livre plus ardu que les deux précédents.
Richard Dawkins a aussi, avec Daniel Dennett développé l'idée que les gènes ont un équivalent culturel. Les idées, les fragments d'idées ou de discours et les comportements acquièrent une faculté de reproduction. Ils se dupliquent par mimétisme en parasitant des hôtes qui les reproduisent qu'ils le veuillent ou non si leur structure le permet. Il en va ainsi de certains slogans, certaines attitudes ou certaines ritournelles publicitaires et autres conçus pour cela. Il crée le terme de mèmes (meme sans accent en anglais, contraction des mots mime et gene et qui rappelle, souhait de son créateur, le mot français « même »). L'application au sens strict de ce concept pourrait néanmoins conduire à justifier l'éradication d'idées pour les mêmes raisons qu'on justifie l'hygiène corporelle, point sur lequel Dennett s'oppose fermement à Dawkins[2].
En 2006, après avoir participé à un documentaire sur la religion diffusé sur Channel 4 et intitulé The Root of All Evil? (la racine de tous les maux — Dawkins a ensuite expliqué qu'il n'aimait pas ce titre choc), il publie The God Delusion (adapté en France sous le titre Pour en finir avec Dieu), dans lequel Dawkins défend l'idée qu'il est pratiquement certain qu'il n'existe pas d'être suprême, et s'attaque méthodiquement aux arguments généralement utilisés pour soutenir l'existence d'un dieu et l'utilité des religions basées sur des croyances surnaturelles.
Il affirme au passage que la question de l'existence de Dieu est une question scientifique comme une autre et trouve absurde le respect dont les non-croyants entourent parfois les croyances religieuses.
C'est un succès de librairie considérable, vendu, selon son éditeur, à plus de deux millions d'exemplaires en langue anglaise, fait l'objet de nombreuses traductions en langues étrangères. Richard Dawkins entreprend une tournée des Etats-Unis pour présenter son livre et répondre en personne aux questions du public.
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Des courants de pensée comme le créationnisme désigne sous le mot de darwinisme pour critiquer l'approche scientifique naturaliste (et athée) de la biologie et de l'évolution des espèces.
Aujourd'hui la théorie de Darwin a été amendée (néo-darwinisme), mais elle est très majoritairement admise sous la forme actuelle dans les milieux scientifiques.
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L’altérité puisque vous y faite référence (un de mes lecteurs) se définit comme suivant ; « L’altérité est la reconnaissance de l’autre dans sa différence. C’est une valeur essentielle de la laïcité qui privilégie le métissage des cultures comme source d’enrichissement et de paix. Évidemment la différence n’est pas une valeur en soi. Il y a des différences inacceptables, en particulier celles qui ont précisément pour objet ou pour conséquence de nier à l’autre son propre droit à la différence ».
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Les différences inacceptables totalement en opposition avec le métissage des cultures ; Le refus de l’indépendance d’esprit, l’impossibilité faite aux femmes de vivre libre et autonome, la négation de ce qui fait des humains des êtres singulier.
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Crab.
11:37 Publié dans Athéisme. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.12.2007
Noël.
UN PEU DE THÉODICÉE, MESSIEURS DAMES ?
Pour les chrétiens, Noël, à travers la naissance de Jésus-Christ qu’on commémore, est avant toute chose la fête de la naissance de Dieu fait homme. Ce Dieu auquel ils croient est tenu pour être : unique, transcendant et distinct du monde ; et cette croyance fait des chrétiens des monothéistes — comme les musulmans, les Juifs et un très grand nombre de nos contemporains.
Une telle croyance est-elle raisonnable ? Cette question est fondamentale dans le domaine de la philosophie appelé philosophie de la religion et il existe à son propos une très grande variété de positions et d’arguments. Mais je voudrais plutôt m’attarder ici à un problème très particulier dans ce domaine de la philosophie (je vous dirai lequel dans une minute) : après l’avoir considéré attentivement, bien des gens ont conclu qu’il n’était pas raisonnable de croire en Dieu. Qui sait ? Vous y trouverez peut-être vous aussi de quoi faite naître ou conforter votre athéisme ou votre agnosticisme.
Mais avant tout, livrons-nous à un petit exercice d’imagination. Considérez des choses comme ceci : la mort — la vôtre et celle des êtres que vous aimez ; celle des jeunes enfants ; la douleur physique ; la maladie en général et, plus spécifiquement, les maladies les plus terribles que vous puissiez concevoir ; les tremblements de terre et les tsunamis, qui font depuis toujours d’innombrables victimes ; les tempêtes qui engloutissent des navires et leurs passagers ; les éruptions de volcans qui anéantissent des villes ou des villages ; tout ce sang répandu depuis la nuit des temps par les guerres et les meurtres ; attardez vous à la torture ; pensez aux viols ; aux massacres ; aux génocides ; rappelez-vous l’Holocauste ; le million de morts du Rwanda ; ayez une pensée pour la souffrance animale, celle des animaux d’élevage comme celle qui existe dans la nature. Rappelez-vous Hugo : « Le monde est une fête où le meurtre fourmille ». Voyez très nettement cet enfant irakien qui jouait devant chez lui et qui vient d’être décapité par une bombe tombée là par hasard ; et aussi ce vieil homme qui vient d’être mordu par un serpent et qui n’a plus que quelques minutes à vivre. Pénétrez vous bien de tout cela, ressentez-le profondément. Appelons cet ensemble de faits la souffrance.
À présent, considérez l’affirmation suivante : « Ce monde a été créé par un dieu infiniment bon (omnibénévolent), qui peut tout (omnipuissant) et qui sait tout (omniscient). »
La contradiction entre ce dieu et la présence de la souffrance est patente et en la constatant vous voilà placé devant ce que les philosophes et les théologiens appellent le plus souvent le « problème du mal » — c’est l’appellation traditionnelle : pour ma part je parlerais plus volontiers du « problème de la souffrance » et c’est ce que je ferai parfois dans ce qui suit.
Le philosophe Épicure, dans l’Antiquité, avait présenté ainsi le problème de la souffrance : « De deux choses l’une : Ou bien dieu veut abolir le Mal, et il ne peut pas. Ou bien il peut, mais il ne le veut pas. S’il le veut mais qu’il ne le peut, il est impuissant. S’il le peut mais ne le veut pas, alors il est cruel. S’il ne le peut ni ne le veut, alors il est à la fois sans pouvoir et méchant. Mais si, comme ils le disent, dieu veut abolir le mal - et dieu veut réellement le faire - alors pourquoi y a-t-il du mal dans le monde ? ». Il conviendrait d’ajouter, pour être complet : la présence du mal vient de ce que dieu voudrait et pourrait parfaitement éliminer le Mal, si seulement il connaissait son existence ; mais il l’ignore : et en ce cas, il n’est pas omniscient.
Pour tenter de résoudre la contradiction entre Dieu et la souffrance , les philosophes et les théologiens ont élaboré ce qu’on appelle des théodicées — littéralement des arguments qui cherchent à solutionner le problème de la souffrance en montrant que Dieu (theo) est bel et bien juste (dike). Voyons deux de ces arguments, particulièrement répandus.
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Le premier invoque ce qu’on appelle le « libre-arbitre ». Voici de quoi il retourne.
Dieu aurait pu nous créer en faisant de nous des automates entièrement programmés qui font toujours le bien. Mais il a préféré nous doter de la liberté de choisir nos actions (c’est cela, le libre -arbitre). Or, il arrive que ce que nous choisissons engendre de la souffrance et le mal qu’on trouve dans le monde est ainsi causé par nous.
Qu’en pensez-vous ?
Je pense que cet argument ne peut convenir et pour comprendre pourquoi, revenons à notre ensemble de souffrances imaginé au départ. Vous y verrez deux catégories de souffrances : celles qui dépendent des êtres humains (c’est la souffrance dite morale : la torture, la guerre, le mensonge, par exemple) et d’autres qui n’en dépendent pas — c’est la souffrance naturelle : les tremblements de terre, la souffrance animale avant l’apparition de l’homme, etc. Le libre-arbitre ne donne donc, au mieux qu’une réponse partielle au problème de la souffrance. De plus, il présuppose qu’un monde avec souffrance et libre-arbitre est préférable à un monde sans l’un et l’autre, ce qui n’est pas certain. Et puis Dieu, tout-puissant, n’aurait-il pas pu créer un monde avec le libre-arbitre et sans souffrance d’aucune sorte ?
Essayons donc un autre argument, lui aussi souvent invoqué en théodicée.
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Cette fois, on suggère que la souffrance nous permet de devenir meilleurs et qu’en bout de piste un monde où on trouve de la souffrance est un monde meilleur en ce sens que des vertus peuvent se développer qui n’auraient pas pu apparaître autrement. À première vue, on peut penser que c’est plausible.
Être généreux ou bon suppose en effet qu’il y ait des gens (malheureux, disons) envers qui l’être ; être courageux exige des maux à confronter ; avoir la foi, suppose des raisons de douter ; la croissance spirituelle suppose une certaine souffrance comme condition ; plus simplement : sans souffrance, pas de Saints.
Qu’en pensez-vous ? Au total, cette avenue me semble elle aussi bien peu convaincante.
Pour commencer, Dieu, tout-puissant, aurait bien pu nous donner des personnalités plus vertueuses. Et puis la distribution des souffrances est bien étrange, et peu compatible avec un Dieu infiniment Bon qui aurait choisi de les introduire dans le monde pour nous rendre meilleurs. Des dictateurs sanguinaires meurent paisiblement dans leur lit, tandis que de bonnes personnes souffrent le martyre ; des choses terribles arrivent à des gens juste avant qu’elles meurent, ce qui ne leur laisse pas le temps de devenir meilleurs.
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Il existe d’autres réponses au problème de la souffrance, certes, mais elles ne sont pas meilleures, à mes yeux du moins.
Mais vous l’avez deviné : ce problème n’existe que si on croit en un Dieu omnisicient, omnibénévolent et omnipotent. Il ne se pose pas si on ne croit pas en un tel dieu. Mieux : il ne se pose pas non plus si on croit en un dieu différent, disons, omniscient, omnipotent et omni-malfaisant, je veux dire infiniment méchant. Considérez cette dernière hypothèse.
Outre qu’on trouverait de quoi conforter cette position dans la liste des horreurs qui ouvrait ce texte, tous les arguments qu’on peut invoquer en théodicée pour expliquer le mal dans le monde pourraient sans difficulté être retournés pour expliquer pourquoi le Bien existe malgré le fait que dieu soit diabolique. Par exemple, si ce dieu nous fait d’abord jeunes et en santé, c’est pour que nous ressentions plus douloureusement encore, plus tard, la vieillesse, la maladie et la mort dont il va nous affliger ! Si ce dieu nous donne l’amour de nos proches et l’amitié de nos amis qui nous sont si chers, c’est pour mieux nous faire souffrir de leur perte ! Bref, Dieu est un artiste, mais, comme le disait malicieusement un philosophe, au sens néronien du terme.
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Vous n’êtes pas convaincus ? Vous avez raison. Je pense que devant le problème du Mal, aucune solution ne convainc à moins d’être d’avance croyant et disposé à ajouter, au mystère de l’existence de Dieu, celui du caractère inexplicable pour nos pauvres intelligences de la présence du Mal.
Si cette solution vous paraît irrationnelle (elle l’est selon moi, et consiste en somme à justifier la foi par une nouvelle foi, à expliquer un mystère en en invoquant un autre, aussi profond), il ne vous reste plus qu’à nier que dieu existe — le bienveillant ou le malfaisant.
La souffrance, en ce cas, est une donnée empirique, parfois causée par nous, parfois par la nature. Dans cette perspective, rationaliste et naturaliste, il nous revient à nous, humains, en usant de notre raison, de travailler à la diminuer, notamment en rendant le monde meilleur et plus juste pour tous les humains et en cherchant à comprendre la nature pour expliquer et prévoir le mal naturel et ainsi en minorer les effets.
C’est du moins ce que je pense, moi. Mais c’est bien entendu à vous qu’il revient de réfléchir à tout ça, avant de conclure par et pour vous-même.
En attendant, le mécréant que je suis vous souhaite un Joyeux Noël...pardon : un joyeux solstice d’hiver !
Normand Baillargeon (baillargeon.normand@uqam.ca)
13:29 Publié dans Athéisme. | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
08.12.2007
Un avenir laïc.
Les arabes, kabyles et autres ethnies vivant dans les pays « dit islamiques » ne sont pas tous musulmans ou extrémistes.
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Bon nombre d’entres eux place la citoyenneté avant la confession, ce qui laisse présumer pour ses pays, ou les pouvoirs se corrompent avec les chefs religieux, un avenir laïc.
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Crab.
Mohand Saddek Akrour élu à la tête de la commune de Barbacha (Béjaïa)
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Après avoir affûté ses premières armes au lycée El Hammadia de Béjaïa, Saddek Akrour a fait son entrée officielle en politique par la porte étroite de la prison, qu’il a connue assez tôt. Pour avoir contesté un maire imposé par le pouvoir et saccagé la kasma de la commune, il est arrêté avec une poignée de camarades en décembre 1979. Trois mois de prison plus tard, c’est un militant aguerri qui retrouve la liberté et un printemps berbère qui venait d’éclore dans un fracas assourdissant. Il entre dans la clandestinité et structure les villages. Tout en enseignant dans un CEM, il passe son bac en candidat libre et l’obtient en 1982, avant de rejoindre l’université de Tizi Ouzou. Etudiant enseignant, il prend une part active à tout ce qui agite l’université et la société. Il est de toutes les grèves, de toutes les marches et de toutes les contestations qui parsèment les années 1980 et 1990. En 1988, il s’implique dans les événements d’octobre. Avec d’autres militants, il rédige cette déclaration que son ami Matoub Lounès distribuait, quand il a été mitraillé à bout portant par les gendarmes sur la route de Aïn El Hammam. Au tout début des émeutes d’avril 2001, le 24 avril il rédige la première déclaration de ce qui allait devenir le mouvement des archs. L’appel, signé par le comité universitaire et par la société civile, exhorte à l’auto-organisation. Il est ensuite l’un des principaux rédacteurs de la plateforme d’El Kseur. Celle qui a été rédigée à l’amphi 5 de Targa Ouzemmour ; bien avant qu’elle ne soit expurgée de son contenu démocratique à El Kseur. « Il a contribué à transformer un mouvement d’émeutes en mouvement de lutte », dira son compagnon, Kamel Aïssat. Pendant la dernière campagne électorale, ses adversaires politiques ne lui ont pas fait de cadeau. Croyant détenir l’arme fatale qui allait le terrasser, ils ont d’abord exhumé une vieille photo où on le voit aux côtés du Premier ministre Sid Ahmed Ghozali à une table de négociations, où l’on reconnaît, entre autres, un Belaïd Abrika imberbe. Ayant fait chou blanc, ils récidivent en mettant publiquement l’accent sur son athéisme déclaré, en espérant attirer sur lui les fourches caudines des croyants. Il a fallu qu’il explique posément dans ses meetings qu’il n’y avait aucune clause de son programme politique qui ambitionnait de raser les mosquées. Sur le perron d’un commerce qui domine le marché, Saddek nous fait remarquer qu’un seul fellah ramène encore ses propres produits au souk. Tout vient des marchés de gros de la vallée. L’agriculture a été proprement assassinée. Il ne reste plus que quatre paires de bœufs de labour et une dizaine d’ânes. Lui, a gardé le sien même s’il ne lui sert plus à grand-chose. Il pense pouvoir relancer les trois produits qui ont depuis toujours fait l’économie de la région : l’olive, la figue et la câpre.
Djamel Alilat.
Source : El Watan 08 décembre 2007.
10:55 Publié dans Athéisme. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.11.2007
Né d'hier?
Prodicos ; complément à mon dernier message, où je vous indiquais que l’athéisme n’est pas né au 19 ième siècle.
HERACLITE.
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Quelques extraits ;
« Ce monde (cet ordre du monde - cosmos), le même pour tous, aucun des dieux, aucun des hommes ne l'a fait, mais toujours il a été, est et sera, feu toujours vivant, allumé selon la mesure, éteint selon la mesure ».
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« Si ce n'était pas pour Dionysos qu'ils font la procession et chantent l'hymne du phallus, ce seraient des actions de la dernière impudence. C'est un seul et même être que Hadès et Dionysos, pour qui ils délirent et font les bacchants ».
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DEMOCRITE.
(460 - 370 avant J.C.)
Extrait.
Aristote résumait par ces mots l'originalité radicale de la pensée de Démocrite : "Démocrite omet de traiter de la cause finale, et ainsi ramène à la nécessité toutes les voies de la nature". Pour la première fois, un système du monde fut élaboré sans présupposer qu'un esprit eut l'intention de le fabriquer ou de le créer. La théorie atomiste préfigure la pensée moderne, non parce qu'elle utilise le terme "atome", mais parce qu'elle s'efforce de construire la complexité du réel à partir de principes réels. Cause et effet doivent être définis sur le même plan. Par cette détermination d'une causalité homogène, Démocrite et Leucippe ont jeté les fondements de la recherche objective et de l'esprit scientifique.
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Suite possible, si nécessaire.
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Crab.
08:33 Publié dans Athéisme. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.10.2007
Créateur?
Dieu ; Offense à l’intelligence.
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Critiquer la construction nommée « dieu », c’est choisir une option philosophique (1) et non pas spirituelle ; c’est démontrer qu’il n’y a pas de spiritualité, qu’il n’y a rien d’extérieur à l’homme.
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La notion de « créateur » est une spéculation parmi d’autres que l’on regroupe sous « le joli nom de croyances ».
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Cette notion de créateur s’effondre d’elle-même car il ne peut y avoir de « créateur » sans matériaux. Un créateur, a besoin de disposer de matériaux pour construire...
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Cette approche qui défait, efface le concept monothéiste d’un créateur est à rapprocher avec la connaissance des processus de l’évolution biologique telle que les décrits Axel Kahn dans deux extraits tirés « du secret de la salamandre.
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Extrait ; Page 53 ET 54.
« La nature bricole, elle n’invente rien. Les évènements génétiques sélectionnés modifient un caractère particulier d’un ancêtre préexistant, dont les traits persistent dans la nouvelle espèce ».
Commentaire ; C’est la complexité et non pas une construction réalisée par un créateur.
L’idée d’un « créateur » est effacée...
Deuxième extrait :
« Or les premiers stades du développement embryonnaire sont ancestraux, c'est-à-dire partagés avec des espèces ayant eu avec nous un ancêtre commun vieux de plusieurs centaines de millions d’années, par exemple des reptiles, les oiseaux ou batraciens.
Il apparait au total plus conforme aux connaissances actuelles de voir en l’homme l’un des avatars modernes d’une évolution biologique aussi âgée que la vie elle-même ».
Commentaire ; Ce paragraphe traduit parfaitement la notion de « hasard » et non pas de création.
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Hors l’objet n’est pas ou n’était pas de prouver la non-existence d’une chose car ce serait une contradiction, mais de traiter, de démontrer que ce que vous appelez « dieu » est inexistant, donc je répète « et non pas de démontrer l’inexistence d’une chose ».
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Le monothéiste parle d’une chose et lui attribue un (le) pouvoir de création.
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Quand je nomme le machin que vous appelé dieu, je parle d’inexistant !!!
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J’ai déjà eu l’opportunité d’écrire ; Par rapport au truc nommé ("dieu"), ou pour toute divinité, tant qu'une preuve raisonnable n'a pas été apportée qu'il existe, il n'est pas raisonnable de valider sa prétendue existence.
Et dans le cas présent, je ne parle même pas du concept anthropomorphique ridicule, soit « un dieu vengeur et justicier ».
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Citation : "Tant que l'existence de X n'est pas prouvée, il est raisonnable d'affirmer que X n'existe pas" au cas où X= "Dieu». Bizarrement, le croyant affirme que la proposition "Tant que l'existence de X n'est pas prouvée, il est raisonnable d'affirmer que X n'existe pas" est vraie pour tout X différent de Dieu, mais est fausse si X="Dieu". (1)
Petit commentaire ; Ils ne sont pas croyant pour rien. [ RIRE ]
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La notion de « créateur » est un non sens et relève d’une spéculation comme tout ce qui est de la nature d’une croyance.
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Crab.
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(1) L'éthique est une discipline de la philosophie qui existait déjà bien avant les monothéistes ; elle dynamise la critique des moraline religieuses qui au cours des siècles et dans l’actualité n’ont pas cessé de faire des dégâts. (Voir mes précédents messages).
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(2) Si les monothéistes basics ont peur de la logique (avec raison), en dernier ressort, ils n'ont pas peur du ridicule.
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Notes :
Citation ; La pure foi, au sens de vérité révélée, sans aucune preuve, ne vaut rien.
La foi religieuse est au mieux une illusion complaisante, au pire un mensonge pernicieux. Le plus souvent, elle se situe quelque part entre ces deux extrêmes, comme une vanité inutile, à l'aide de laquelle le croyant se place au centre de l'univers.
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Science et religion sont foncièrement incompatibles. Prétendre le contraire n'est que malhonnêteté intellectuelle.
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Prétendre que la croyance religieuse, le théisme en particulier, serait nécessaire, afin que les humains puissent vivre en société, est irrationnel. Pire encore, la prétention des grandes institutions religieuses de posséder une expertise particulière en matière de morale est le plus énorme des mensonges.
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Comme disait récemment Arthur C. Clarke, c'est une des grandes tragédies de l'humanité que les religions se soient arrogé la morale. En effet, c'est un des grands mensonges des religions que de prétendre que la morale leur appartienne.
09:20 Publié dans Athéisme. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.09.2007
La révolte Dionysiaque.
La révolte dionysiaque doit être menée, car rien n’est jamais terminé, à l’encontre des bondieuseries obscènes.
Dans la presse christicole et mahométane l’on commence à s’émouvoir, disent-ils, d’un Athéisme offensif.
Ils n’ont encore rien vu, car les outils des gens qui aiment la vie et comprennent ce qu’enseigne la vie ne sont pas ceux des crieurs jeteurs d’anathèmes quant ils n’utilisent pas de fusils, quant ils ne sont pas les génocidaires comme à Sodome et Gomorrhe.
La pensée, la critique de l’esprit menée par les incroyants ou les croyants sans religion s’inscrit et s’inscrira toujours dans la durée.
Bien plus efficace que les menaces ponctuelles des monothéistes incapable de surmonter leur peur de la camarde.
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La peur de la mort, symbole de la crétinerie christicole et mahométane ?
Pourquoi ? Parce qu’après la mort il n’y a plus rien à craindre puisque tout est fini, l’Homme n’est plus.
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Eh, bien non, cette peur infantile, pathologique, fait se comporter le christicole ou le mahométan comme des joueurs de football qui après avoir perdu une partie refont dans leurs têtes le match à leur avantage.
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C’est après l’épreuve, en réinventant la partie que le monothéiste invente l’au delà.
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Cela ferait sourire et cette fable ne prêterait pas à conséquence si à ce délire ne lui était pas attaché une moraline à l’origine de désordres psychologique, sociaux et plus.
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L’au-delà, ou la finitude passe par la construction d’un Dieu vengeur et justicier, et pour en en arriver là, il fallait l’élaboration de l’IDEOLOGIE.
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Le point de départ bien évidemment, la genèse de l’homme.
(Il est assez affligeant de constater, sur les autres fils de ce forum, l’indigence de l’analyse par les assauts auquel se livrent entres eux les intervenants monothéistes pour tenter de comprendre la signification dans le texte de l’Humain chassé du paradis).
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Pour les monothéistes comment nier la morale en rédigeant le socle des moraline monothéistes ?
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Pour cela il fallait construire le symbole de l’Homme chassé du paradis ; Il quitte le paradis avec pour toute connaissance ou conscience la haine de soi.
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Ainsi au centre de la moraline sera la notion de péché qui marquera sa vie durant le croyant naïf, le conditionnera non pas à être ici et maintenant mais à préparer son entrée dan l’au-delà.
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Vivre dans la crainte du péché, c’est exceller dans la haine de soi.
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Les monothéistes ne pouvaient pas faire mieux pour apprendre à détester la vie et s’il y a bien une obscénité c’est bien celle, la pire de toutes, qui consiste à l’endoctrinement des enfants dans l’IDEOLOGIE.
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Athéisme ; Histoire : Fin de cette courte étude.
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Crab.
10:31 Publié dans Athéisme. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.08.2007
Athéisme ; Histoire.
L’antiquité a connu des athées authentiques, dont le plus connu a été Démocrite, tenant du matérialisme, doctrine aujourd’hui détruite par les progrès de la physique quantique. Ceci avait été fort bien perçu par le grand physicien H. Poincaré, cousin du chef d’Etat, à la veille de sa mort, en 1916. Que tant de philosophes, point tous marxistes, ne puissent encore, 80 ans après, se dire matérialistes, passe l’entendement ! En fait, dans l’antiquité, l’athéisme est resté fort minoritaire. Georges Minois dit même… “Extrêmement rare” (p. 66).
Un certain consensus, au niveau des philosophes, s’établissant autour du panthéisme. Quant à Socrate, il a penché vers l’agnosticisme, mais c'est avec son disciple Platon, que s’opère pour la première fois, une dénonciation philosophique de l’athéisme, sur un thème appelé à une grande fortune : son immoralité.
En ces matières, nul ne pouvant être neutre, la philosophie de Platon a cautionné la lutte contre les athées.
Le stoïcisme, lui, pose plus de problèmes : un athéisme ? ou un courant religieux? Georges Minois penche pour un panthéisme matérialiste. Le Sophos stoïcien serait le surhomme, ou homme divin. Thème appelé à avoir la fortune que l’on sait au 19e siècle.
Quant à Épicure et Lucrèce, s’ils ne croient pas en la survie de l’âme (et ils ne sont pas les seuls à cette époque), il semble difficile de les enrôler sous la bannière de l’athéisme. Vers l’an 400, l’empire s’effondre en Occident… Suit une période marquée par la disparition des procès d’impiété. L'auteur y voit la preuve de sa généralisation.
On se permettra de n’être point d’accord. Il conviendrait aussi de tenir compte de la profonde corruption des institutions judiciaires, sensible dès l’an 200, d’autant que l’auteur admet : “dans l’empire la frontière entre athéisme et croyance est aussi floue que de nos jours ; enfin, cet athéisme antique manque de contenu : l’athéisme intégral tel que nous le concevons aujourd’hui, a besoin d’une armature scientifique et conceptuelle que la culture d’alors ne pouvait lui offrir” (p. 67)
Georges Minois pense même que le caractère hybride de cet athéisme antique expliquerait le triomphe du christianisme. Cela apparaît discutable: les vieilles croyances polythéistes, grecques et romaines traversaient alors une crise extraordinaire. À Rome, deux augures ne pouvaient plus se rencontrer sans rire. Et le désir d’une religion monothéiste était, lui, profondément ressenti au point qu’à Rome, dans l’aristocratie, les femmes “judaïsaient” beaucoup. Mais le judaïsme répugnait à la majorité des romains, par suite du sabbat et de la circoncision pour lesquels ils n’éprouvaient que mépris. L’essor d’un judaïsme était dès lors assuré : “le christianisme est un essénisme qui a réussi” (E. Renan). Jugement d’autant plus remarquable qu’au moment où il fut formulé, nos connaissances sur la secte de Qoumran étaient des plus minces.
Arrive le Moyen-Âge. Aujourd’hui est désuète la problématique de Lefebvre, à savoir que l’outillage conceptuel de l’époque interdit l’athéisme. Entre temps nos connaissances sur les cathares ont beaucoup progressé et les registres de l’inquisition à Montaillou, popularisés par E. Le Roy Ladurie, ne laissent pas la place au moindre doute. Plus précisément les inculpés se situent “au confins de l’athéisme” (p. 92).
Alors que dire des gens instruits ?… Deux zones sensibles émergent lors de la Renaissance intellectuelle, du Bas-Moyen-Age : les universités et les régions de contact entre islam et christianisme. Est-ce un hasard si l’un des bastions de l’unitarisme en Europe est la Transsylvanie ?
L’essor des universités médiévales, inséparable d’une redécouverte des manuscrits grecs et donc de la pensée d’Aristote, place le christianisme devant un redoutable problème : car le grand philosophe n’admet pas l’éternité du monde ni l’immortalité de l’âme. Aux 11e-13e siècles on est donc bien loin d’un paisible unanimisme de la foi. Et ce n’est pas un hasard si, dès le 11e siècle, Anselme, par son argument ontologique, énonce une des premières preuves de l’existence de Dieu. Le “Docteur Angélique”, Thomas d’Aquin, deux siècles plus tard, dans sa “Somme théologique”, peaufine Anselme.
Rien n’y fait, Guillaume d’Occam anéantit les cinq preuves avancées par Thomas d’Aquin. Au 15e siècle, avec le grand mystique rhénan, Maître Eckardt dont l’influence est si profonde sur la spiritualité de son temps, l’on est aux portes du nihilisme.
L’Eglise doit mener une offensive “tous azimuts”. Dès 1336, ce sont les premières réactions contre les fêtes populaires urbaines. Les “gogliards”, ces étudiants “renie-Dieu” du 14e siècle, encore si mal connus, inquiètent fort les prédicateurs. Plus grave encore apparaît le mépris contre les sentences d’excommunication, même en milieu populaire urbain plus surveillé. Bref, pour parodier tel livre célèbre de R. Pernoud, il faut en finir avec le Moyen-Âge, tout au moins avec ses images tronquées.
Qu’en est-il de la Renaissance ? La problématique de Lefebvre est abandonnée. Et dans la diffusion des idées hétérodoxes, voire athées, Padoue joue un rôle essentiel, mal connu dans le détail, car la prudence s’impose : “le vrai choix de Pomponazzi, comme de ses contemporains ne nous est pas connu” (p. 114) et cela vaut tout autant pour Léonard de Vinci : qu’a-t-il été exactement ? un stoïcien ? un panthéiste ? un impie, à en croire son biographe contemporain Vasari ? Comment le savoir ?
Les cours royales sont aussi contaminées : “toutes les autorités réformatrices désigneront l’entourage des rois comme des repaires d’athéisme” (p. 115). Les étudiants, les comédiens sont également suspectés.
“Le Cymbalum mundi” de Bonaventure des Périers est rédigé en 1537.
À la même date est rendu public le premier des dix édits de la monarchie contre l’athéisme blasphématoire dans les armées.
Certes, la prudence s’impose car le terme “athée”, tout comme “fasciste” au 20e siècle a pu ne relever que de l’insulte vulgaire. Mais on ne peut que prendre acte que c’est au cours de la première moitié du 16e siècle que fleurit pour la première fois le mot “athée”. La présence irréfutable d’athées à Paris, Orléans, dans le Béarn et dans la plupart des régions de France est donc attestée dès 1560 (p. 140).
En Corse, vers 1565-1615, les jésuites se demandent si l’île a été seulement christianisée, vu le nombre d’insulaires qui vivent en état d’athéisme, sans aucune référence au divin. L’encadrement clérical semble y avoir été singulièrement déficient, tout comme en d’autres régions de France où a joué aussi l’abus des excommunications. Suivent quelques pages bienvenues de Georges Minois, quant au témoignage décisif de Calvin, pourfendeur de toutes les incroyances, du déisme à l’athéisme et même du panthéisme naturaliste. Bref… “le 16e siècle a été marqué par la grande tentation de l’athéisme” (p. 151).
C’est après 1570, que sévit la répression judiciaire tout comme la propagande anti-athée, par la plume.
Le 17e siècle hérite d’un lourd héritage. Les mémoires du Père Coton, le jésuite confesseur d’Henri IV, publiées post mortem attestent des progrès de l’incroyance à la cour royale !
Un autre milieu est également contaminé : les médecins. Quand bien même le Père Mersenne exagère en avançant le chiffre de 50.000 athées. Dans la capitale, il faut le reconnaître, et Mersenne est un savant haut de gamme, le phénomène est difficile à cerner, à cause du monde libertin que l’on ne saurait confondre avec l’athée. Il est lui-même rien moins qu’homogène.
Les luttes entre jansénistes et jésuites stimulent, elles aussi, les progrès de l’incroyance. Dès les années 1660, on constate un nouveau bond en avant de l’incrédulité, où l’Angleterre tient bien sa place. Mais le plus grand savant de l’époque, et à en croire ses pairs, le plus éminent de tous les temps, Newton, est chrétien unitarien. Leibniz, le plus grand qu’ait produit l’Allemagne moderne, est lui, chrétien orthodoxe.
On considère que la révolution scientifique, commencée en Ionie, un siècle avant notre ère, s’achève en 1687 avec les principes de Newton. Il n’y a donc pas incompatibilité (ce que Georges Minois ne dit pas assez) entre science et christianisme épuré. Rappelons que le grand savant du 20e siècle, Einstein est croyant.
Pour être totalement objectif, il convient de préciser les méfaits d’un certain cartésianisme. “Lorsque Voltaire accuse Descartes de conduire à l’athéisme, il n’a pas entièrement tort” p. 259.
Mais il n’y a pas que la science, … l’esprit critique de l’époque porte les esprits au déisme et à l’athéisme, par le biais de l’étude des livres saints. Rien qu’en langue française, en Europe de 1695 à 1700, paraissent 55 éditions de la Bible. “C’est entre 1690 et 1730, que l’initiative change de sens. Le progrès des études bibliques joue en faveur du déisme et bientôt de l’athéisme” (p. 270).
L’Angleterre est là encore en tête du mouvement soit. Mais ce que ne dit pas Georges Minois (et on ne peut que le regretter) c’est que dans le monde catholique tout au moins, il est un grand exégète, Richard Simon, contraint au silence par un homme de valeur, Bossuet. Une erreur payée très cher…
Au début de notre siècle, Albert Schweitzer ne peut que constater l’effrayant retard de l’église catholique en matière d’exégèse.
Le 18e siècle a débuté par l’étonnant mémoire de 1209 pages de l’abbé Meslier, mort en 1729, qui circule sous le manteau. Pourtant Meslier inquiète toujours même les plus hardis. Au 19e siècle les éditeurs n’osent pas le publier… “ce ne sont pas seulement les audaces impies du curé qui poussent les intellectuels à prendre leurs distances, c’est aussi la lourdeur et le caractère rustique de son style qui rebutent” (p. 307).
Rien désormais n’arrêtera les progrès de l’incroyance, que l’on peut juger à l’aune des assemblées du clergé français, passant du désarroi entre 1750 et 1775, à la panique de 1775 à 1782.
Et les ateliers clandestins des copistes témoignent par leur nombre, d’une demande forte qui élève les prix. Mais que d’ambiguïtés demeurent :
“ Les rapports entre déisme et athéisme sont très confus au 18e et cette confusion est encore accrue par les jugements divers émis sur les ouvrages de leurs partisans” (379). Une fois de plus le catholicisme tridentin, par sa rigidité doctrinale encourage les positions extrêmes.
Morelly prend acte du fait que les pays protestants ont moins d’athées. La saine critique biblique y est certainement pour quelque chose. Mais à cette époque le fait dominant, c’est l’émergence d’un matérialisme athée, fort bien analysé par Georges Minois. (On ne saurait confondre les deux, car Dieu a fort bien pu créer une matière pensante, comme Voltaire n’a pas manqué de le faire observer dès 1734). Son plus ferme soutien est d’Holbach, dont la figure reste cependant énigmatique, malgré son abondante production : 10 volumes sans compter 440 articles dans l’encyclopédie, avec son traité : “Qu’est-ce qu’un athée ?” (1770).
L’athéisme est désormais adulte, avec une philosophie -le matérialisme-, une science -le mécanisme- une morale -la loi de nature. Pourtant ce 19e siècle l’a dédaigné, à cause de ses faibles bases scientifiques.
En 1800, Sylvain Maréchal, en publiant son Dictionnaire des athées, donne à l’athéisme ses lettres de noblesse. Il est désormais un fait banal. Mais il n’est pas le seul vainqueur de la décomposition religieuse contemporaine, tout comme en notre fin de siècle, Le désir de Dieu, hors des églises, génère un déisme porté vers l’ésotérisme, l’occultisme, le spiritisme, la Franc-maçonnerie. Et là, pour des esprits éclairés, a pu jouer un certain effroi devant les conséquences de l’athéisme, dont on devine dès cette époque qu’il peut mener au nihilisme…
Napoléon en internant Sade, craint moins ses polissonneries que son négativisme. Les dictateurs sont parfois clairvoyants.
À la charnière de ces deux siècles, c’est la tourmente révolutionnaire qui voit l’irruption de l’athéisme populaire.
Convient-il de s’y attarder longuement ? Nul aujourd’hui, la recherche ayant progressé, ne peut en douter. Cette flambée n’a pas été dictée de l’extérieur, sauf peut être à Paris. Dominent la haine de la confession, et surtout de la confession féminine, considérée comme un instrument de pouvoir aux mains des prêtres. L’attaque antireligieuse démontre que le peuple en de nombreux endroits, à Paris comme en province, est déjà “détaché”.
Du reste la déchristianisation a commencé dès 1789. Chez les Sans-culotte de la capitale, domine l’athéisme pratique ; car ils sont éloignés aussi bien de l’athéisme théorique que du déisme. Rien ne prouve qu’ils aient suivi Robespierre dans son grand discours du 21/11/93 contre l’athéisme, jugé “aristocratique”, et plus encore qu’ils aient adhéré, ne fut-ce que de coeur, à la grandiose fête de l’être suprême.
La Révolution a laissé des traces durables ; le 19ème voit la montée de l’athéisme pratique, combattant. En Bassin parisien, et même en Bretagne, dès 1825-30, certaines enquêtes sont accablantes. Malgré les progrès de la sociologie religieuse, on n’a toujours pas d’explication globale de ce fait majeur de l’ancienne France : le contraste entre les régions “détachées” et les “fidèles”.
Sur tout le territoire c’est l’implantation durable de la libre-pensée, avec parfois des gestes provocateurs, le célèbre cochon du vendredi. (On se gardera cependant de confondre Libre Pensée et Athéisme).
Si le matérialisme a été le fait majeur du 18e siècle, cent ans après, il passe le relais à un autre grand événement : l’apparition des grandes philosophies athées, avec A. Comte, Feuerbach, Schopenhauer. Mais Hegel, non seulement n’est pas athée (je suis d’accord avec G. Minois), mais, fort de la lecture de sa correspondance, on peut assurer qu’il est chrétien, peut-être à l’image de Newton, unitarien.
Mais avancer, comme le fait l’auteur que toute la postérité de Hegel est athée ne résiste pas à l’examen. Et l’Italie ? En vérité ces penseurs de grande classe qu’ont été Hegel et Thomas d’Aquin, ont eu des postérités de droite, de centre et de gauche. Il n’est pas jusqu’au marxisme qui ne révèle quelques ambiguïtés : si Marx est un athée tranquille, Lénine, un matérialiste ferme, Jaurès, lui, se veut spiritualiste. À la veille de sa mort il ne désavouera toujours pas ses thèses où il s’est affirmé tel. À la fin du siècle, l’athéisme semble avoir le vent en poupe.
Et pourtant… cent ans après, il piétine.
Notre époque vit d’abord sous le signe de l’incertitude.
En 1989, le C.N.R.S; a diligenté une enquête auprès des responsables de ses unités de recherche : 110 se déclarent croyants, 106 incroyants et 23 agnostiques. Mais pour une recherche probe, combien d’autres
douteuses ? …
On ne peut pas trop s’attarder sur l’ambiguïté du terme “athée”. Car les panthéistes ne manquent pas. En fonction de la question, le nombre de ces athées varie du simple au décuple, sur fond d’incohérence. En 1997, on l’a déjà dit : 32 % des catholiques ne croient pas en Dieu… En 1939, l’un des premiers sondages Gallup, à New York démontrait que, tel jour, 40 % des américains estimaient que la politique étrangère du nazisme menaçait l’Allemagne potentiellement ; mais le lendemain, 60 % pensaient qu’Hitler était dangereux ! Une question personnalisée change tout …
Aussi, loin de ces escroqueries -c’est le terme qui convient- on évoquera avec toute l’attention qu’elle mérite l’enquête du sociologue Girardi, qui distingue 5 niveaux de perception :
• A- L’athéisme assertorique : Dieu est nié,
• B- L’athéisme agnostique : le problème est insoluble.
• C- L’athéisme sémantique : la question n’a pas de sens.
• D- L’athéisme pratique : on vit comme s’il n’y avait pas de Dieu.
• E- L’athéisme de Spéculation pratique : l’existence de Dieu n’a pas de conséquence sur le comportement.
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Jean Georgelin.
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A cette étude il convient d’ajouter, parce que l’Athéisme y est étudié en profondeur dans l’Histoire de la contre philosophie, entres autres auteurs, de Michel ONFRAY dont je parle dans le TESTAMENT.
Crab.
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Etat des lieux de l’incrédulité ; des signes encourageant.
Crab.
Les athées soient minoritaires dans la plupart des pays, ils sont relativement nombreux en Europe de l'Ouest, Australie, Nouvelle Zélande, Canada, dans d'anciens et actuels états communistes, et, à un moindre degré, aux États-Unis.
L'athéisme est particulièrement répandu parmi les scientifiques, une tendance déjà tout à fait marquée au début du vingtième siècle, se développant de façon dominante pendant le siècle.
En 1914, James H. LEUBA a constaté que sur 1 000 scientifiques aux États-Unis, aléatoirement choisis, 58% ont exprimé de l'incrédulité ou [du] doute sur l'existence de Dieu.
Les mêmes études, répétées en 1996, ont donné un pourcentage semblable de 60.7% ; ce nombre est de 93% parmi les membres de la National Academy of Sciences.
Les expressions de l'incrédulité positive ont monté de 52% à 72%.
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