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12.05.2008

Les Droits de l'ëtre humain

Pour comprendre les raisons fondamentales qui justifient les droits de l'homme, il faut commencer par saisir ce que c'est qu'un homme. Etre un homme, ce n'est pas la même chose qu'être un poulet, une vache ou une limace. Pourtant, l'homme a un corps, comme le poulet, la vache ou la limace. Il a un corps, qui a ses besoins matériels et qui mourra un jour, comme celui du poulet, de la vache ou de la limace. Comme ces bestioles, l'homme est mortel. La différence, c'est qu'il le sait. Il vit avec la conscience de sa mort, et face à la mort il s'efforce de faire de sa vie quelque chose qui ait un sens.

J. HerschDu fait que l'homme est mortel et qu'il le sait, et que tout ce qu'il aime – tous ceux qu'il aime – sont mortels et qu'il le sait, il se trouve toujours menacé d'agression ou de privation, lui-même et ses proches, et c'est pourquoi il est condamné, par la nature, et par sa nature, à une lutte sans fin. On parle trop facilement, trop vite, d'égoïsme, à ce propos. Il s'agit au fond d'une racine tragique de la condition humaine : étant conscient de la mort, tout être humain, s'il aime, est en situation de lutte pour la survie de ce qu'il aime. Aussi les droits de l'homme, qui défendent le droit à la vie de chacun, fût-ce du plus faible, ne sont nullement naturels. Ils sont bien plutôt antinaturels, ou surnaturels ; à travers eux les hommes ajoutent à la nature une dimension qui lui est étrangère et contraire, une dimension propre à l'homme – ce sont vraiment des droits humains.

L'homme a la capacité de faire de soi un sujet libre et responsable.

Mais la nature, ses besoins et ses menaces, ne s'effacent pas pour autant. Les droits humains ne seront défendus qui si l'on prend appui, contre elle, sur un fondement irréductible, absolu. C'est ce qui distingue l'être humain des autres vivants : il a la capacité de faire de soi un sujet libre et responsable, qui pose ses actes lui-même, non par un jeu de causes et d'effets, mais à partir d'une exigence qui lui appartient en propre et inconditionnellement, et qui le sait, et qui les signe et en assument les conséquences.

Etre privé de cette capacité, c'est un terrible malheur, et pourtant elle ne promet pas le bonheur. L'action de l'homme ne vise pas avant tout au bonheur, elle veut avant tout avoir un sens. Or tout sens implique la visée de quelque chose qui n'est pas encore, et donc un manque. Seule la finalité absolue est source d'un vrai sens. Sans elle, l'homme dit ce n'est pas une vie, et il préfère parfois mourir.

L'être humain n'est pas donné comme un fait

Il s'agit là de la racine et de la finalité des droits de l'homme. Sans cette racine et cette finalité, les droits de l'homme sont condamnés par les contraintes de la nature. Il ne reste que l'arbitraire, la causalité, le hasard. A la limite, la liberté responsable vraie coïncide avec la nécessité intérieure la plus profonde.

Le développement de la civilisation technique trouve ici son sens, nullement matérialiste. Il permet de créer, pour toujours plus d'êtres humains, des conditions accroissant leurs chances d'accéder à une telle liberté. L'être humain n'est pas donné comme un fait. Il est, pour lui-même et pour les autres, une tâche. C'est pourquoi, quelle que soit sa condition historique et sociale, sa couleur, ses dons intellectuels ou sportifs ou l'absence de ces dons, il mérite le respect.

Jeanne Hersch. Pourquoi l'homme a-t-il des droits ?  Amnesty Suisse. Bulletin romand, section suisse, n° 1, janvier 1988, Berne (CH).

 

http://www.aidh.org/Hersch/Images/JH_6.jpg

Martyrologie

Pas de doute la résurrection de Jésus n’est pas souhaitable [ Rire] ; pour ma part  sans hésitation je lui préfère CAMUS.

Bon sens, Science et Démocratie seront toujours des notions incompréhensibles pour les adeptes de la martyrologie.

Crab.

 

 

Citation : Le scandale de la croix

Dans son livre La Peste  Albert Camus (1913-1960) propose un commentaire approfondi sur l'homme et son dilemme. Au début de la seconde guerre mondiale, une épidémie due à une invasion de rats sévit dans la ville d'Oran. A première vue, cette histoire est celle de n'importe quelle ville vivant semblable tragédie. Mais Camus veut aller au-delà de l'apparence. Aussi place-t-il le lecteur devant le choix difficile suivant : ou bien se joindre au médecin pour combattre l'épidémie, c'est-à-dire, selon Camus, pour combattre Dieu en même temps; ou bien suivre le prêtre, ne pas combattre l'épidémie et se montrer inhumain. Tel est le choix ; tel est le dilemme devant lequel s'est trouvé Camus, et devant lequel sont placés tous ceux qui, comme lui, n'adoptent pas la solution chrétienne.