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22/03/2010

Le monothéiste et l’Araignée

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Image numérique - Crab -

Conte pour les enfants

Le monothéiste et l’Araignée

A lire sous un pin parasol et non à l’ombre d’une chapelle

Il était une fois

Vivait un '' homme '' dans une grotte profonde, d’un noir sombre -Noire, noire, noire, la lumière semblait lui parvenir, enfin plutôt une faible, bien faible lueur

Peut-être tout au plus quelques ombres ou légers reflets parvenaient à recouvrir la surface déformée par les reliefs rocailleux des parois de la caverne

Du plus loin du fond de la caverne il clamait qu’il savait tout, tout tout tout

Roi dans l’obscurité, chercher à sortir du néant  -  N’était-il pas si bien, si bien dans son antre ?

Seul sans contradicteur, en paix, si ce n’était près de la sortie de la caverne en guise de passage une toile, bien plus vaste que le WEB ; Une toile de conception à la fois concentrique et rayonnante

Toile parcourut par un être qui lui parut étrange, toujours à s’employer jour après jour, à tisser sa toile pour offrir, parait-il le meilleur du web

Notre homme n’osait pas trop s’approcher, cet être n’avait-elle pas huit pattes ?

N’avait-elle pas un regard à la fois simple et complexe - Par cette étrangeté de la nature il fut quelque peu ébranlé et surtout, de plus n’en crût pas ses yeux

Néanmoins il tendit à vouloir s’approcher, toutefois en prenant garde de bien détourner la tête, notre homme s’inquiétait d’étranges lueurs perçues, avec peine, par delà l’horizon de la toile

Voir l’eut entraîné à sortir de la grotte, mais comment franchir la porte sans passer par la toile, il se sentait sans savoir, n’ayant du fond du gouffre jamais connut la lumière, d’où son désarroi grandissant

A chaque pas cette exigeante créature lui demanderait ses raisons et peut-être les valideraient au fur et à mesure qu’il avancerait, mais rien n’était moins sûr

N’était-il pas suffisamment bien, peut-être même par trop droit dans ces bottes pour courir un tel risque au point de s’engluer ?

Devrait-il se rendre à la raison ? Par exemple se chausser plus léger - Plongé dans cet affreux dilemme, désorienté, l’angoisse s’empara de lui, à ce moment, plus fort que jamais auparavant

Se demandant s’il n’était pas mieux pour lui de rester séculairement réfugié dans le monde virtuel, son monde qu’il lui semblait bien connaître

C’est ce qu’il fit et il y est encore

Crab -  07 07 2007

Note

Allégorie de Platon

Représente-toi donc des hommes qui vivent dans une sorte de demeure souterraine en forme de caverne, possédant, tout au long de la caverne, une entrée qui s'ouvre largement du côté du jour; à l'intérieur de cette demeure ils sont, depuis leur enfance, enchaînés par les jambes et par le cou, en sorte qu'ils restent à la même place, ne voient que ce qui est en avant d'eux, incapables d'autre part, en raison de la chaîne qui tient leur tête, de tourner celle-ci circulairement. Quant à la lumière, elle leur vient d'un feu qui brûle en arrière d'eux, vers le haut et loin. Or entre ce feu et les prisonniers, imagine la montée d'une route, en travers de laquelle il faut te représenter qu'on a élevé un petit mur qui la barre, pareil à la cloison que les montreurs de marionnettes placent devant les hommes qui manuvrent celles-ci et au-dessus de laquelle ils présentent ces marionnettes aux regards du public.

- Je vois ! dit-il.
- Alors, le long de ce petit mur, vois des hommes qui portent, dépassant le mur, toutes sortes d'objets fabriqués, des statues, ou encore des animaux en pierre, en bois, façonnés en toute sorte de matière; de ceux qui le longent en les portant, il y en a, vraisemblablement, qui parlent, il y en a qui se taisent.
-Tu fais là, dit-il, une étrange description et tes prisonniers sont étranges !
-C'est à nous qu'ils sont pareils ! répartis-je. Peux-tu croire en effet que des hommes dans leur situation, d'abord, aient eu d'eux-mêmes et les uns des autres aucune vision, hormis celle des ombres que le feu fait se projeter sur la paroi de la caverne qui leur fait face?
- Comment en effet l'auraient-ils eue, dit-il, si du moins ils ont été condamnés pour la vie à avoir la tête immobile ?
- Et à l'égard des objets portés le long du mur, leur cas n'est-il pas identique ?
- Évidemment ! (...)
-Et, si en outre il y avait dans la prison un écho provenant de la paroi qui leur fait face ? Quand parlerait un de ceux qui passent le long du petit mur, croiras-tu que ces paroles, ils pourront les juger émanant d'ailleurs que de l'ombre qui passe le long de la paroi ?
- Par Zeus, dit-il, ce n'est pas moi qui le croirai !
- Dès lors, repris-je, les hommes dont telle est la condition ne tiendraient, pour être le vrai, absolument rien d'autre que les ombres projetées par les objets fabriqués.
- C'est tout à fait forcé ! dit-il.
- Envisage donc, repris je, ce que serait le fait, pour eux, d'être délivrés de leurs chaînes, d'être guéris de leur déraison, au cas où en vertu de leur nature ces choses leur arriveraient de la façon que voici. Quand l'un de ces hommes aura été délivré et forcé soudainement à se lever, à tourner le cou, à marcher, à regarder du côté de la lumière; quand, en faisant tout cela, il souffrira; quand, en raison de ses éblouissements, il sera impuissant à regarder lesdits objets, dont autrefois il voyait les ombres, quel serait, selon toi, son langage si on lui disait que, tandis qu'autrefois c'étaient des billevesées qu'il voyait, c'est maintenant, dans une bien plus grande proximité du réel et tourné vers de plus réelles réalités, qu'il aura dans le regard une plus grande rectitude ? et non moins naturellement, si, en lui désignant chacun des objets qui passent le long de la crête du mur, on le forçait de répondre aux questions qu'on lui poserait sur ce qu'est chacun d'eux ? Ne penses-tu pas qu'il serait embarrassé ? qu'il estimerait les choses qu'il voyait autrefois plus vraies que celles qu'on lui désigne maintenant ?
- Hé oui ! dit-il, beaucoup plus vraies !
- Mais, dis-moi, si on le forçait en outre à porter ses regards du côté de la lumière elle-même, ne penses-tu pas qu'il souffrirait des yeux, que, tournant le dos, il fuirait vers ces autres choses qu'il est capable de regarder, qu'il leur attribuerait une réalité plus certaine qu'à celles qu'on lui désigne ?
- Exact ! dit-il.

Platon, La République, Livre Vll, 514a-515e

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