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27/12/2010

Le défi lancé à l'interdit

LES RACINES DE NOTRE CULTURE

L'Enlèvement de Psyché, par William Bouguereau

Psycheabduct 2.jpg

LES RACINES DE NOTRE CULTURE


Nous n'avons pas besoin comme le prétendent les chantres du communautarismes ou de l'anticulture de nous interroger sur notre identité car nous n'imaginons pas un seul instant l'avoir perdue

Nous savons parfaitement que notre identité c'est notre Culture, résultante de la multiplicité des choix, la langue acquise par l'intimité que nous avons avec la sagesse antique des grecs, les héritiers de la poésie, de la philosophe vitaliste, de la tragédie, de toutes les légendes de la pensée, transmises de générations en générations

.Culmine, illumine notre imaginaire l'aventure de Psyché et sa relation avec Cupidon...symbolique histoire initiée par un grec - racontée par le Romain APULÉE


En cela...


Le défi lancé à l'interdit


Avertissement

En caractère noirs le texte original


Liminaire

Comment le clan s'exonère de sa responsabilité en invoquant ou se pliant '' à la volonté '' d'une imaginaire divinité parvient momentanément à causer de la crainte, à faire culpabiliser et durant un temps encore entraver la marche de Psyché vers l'autonomie?


Extrait

[…/...]

On para la jeune fille comme pour ses funérailles et on la mena sur la colline. Psyché seule gardait tout son courage.

« C'est beaucoup plus tôt que vous auriez dû pleurer sur moi, à cause de cette beauté qui m'a valu la jalousie du ciel. Partez maintenant, et sachez que je suis heureuse d'en voir venir la fin. »

[…/...]


Seulement voilà !

N'avait-elle pas dit : « C'est beaucoup plus tôt que vous auriez dû pleurer sur moi, à cause de cette beauté qui m'a valu la jalousie du ciel.Partez maintenant, et sachez que je suis heureuse d'en voir venir la fin »

Le clan avait foi dans cette lâche idée que la beauté [ penser ] de Psyché était un crime au regard du ciel - le clan apeuré s'était donc empressé de se prosterner devant une imaginaire '' volonté divine qui leur demandait de sacrifier une de leur fille ''

Hors valider cette opinion dont la populace s'était éprise, c'était admettre une séparation arbitraire; en effet il ne peut y avoir de Psyché sans Éros [ Cupidon ] – la division étant une invention, un principe que les chrétiens et les musulmans reprendront à leur compte pour construire leurs religions et bricoler leurs propres '' valeurs culpabilisantes '' pour tenter, sans y parvenir, d'interdire l'expression de toute philosophie vitaliste

Psyché est d'un tout autre état d'esprit, elle n'est pas superstitieuse comme le clan, je pourrais dire qu'elle est différente, pragmatique, une athée, une étrangère parmi '' les siens ''

Sur la collineelle seule avait sut garder tout son courage et accepté dignement l'idée qu'il pouvait y avoir une fin, que c'était mieux pour elle et non de continuer à subir, étouffée, objet et non sujet, de demeurer captive au sein de populations superstitieuses, refusant d'admettre que l'humain [ l'homme ], variation de l'animal est au centre de la connaissance

Un monde asphyxier et oppressant plongé jours et nuits dans l'irrationnel


Comment s'exerce la pression du clan ?

Extrait

[…/...]

Le lendemain, portées par Zéphyre, les deux sœurs entrèrent dans le palais et en virent tous les trésors; attablées devant le somptueux banquet, elles entendirent la merveilleuse musique. Une amère envie s'empara d'elles ainsi que la curiosité.

[…/...]

... et bientôt les deux méchantes femmes arrivèrent, leur complot soigneusement mis au point. Elles se doutaient que leur sœur n'avait jamais vu son époux ne pouvant le décrire lorsqu'elles lui avaient demandé. Elles ne dirent rien mais lui reprochèrent de dissimuler sa désolante condition. Elles avaient appris, ajoutèrent-elles, que son mari n'était pas du tout un homme mais bien l'affreux serpent annoncé par l'oracle d'Apollon. Il se montrait doux pour l'instant, mais une nuit viendrait où il se jetterait sur elle pour la dévorer.

Psyché sentait la terreur l'envahir. Elle s'était demandé si souvent pourquoi il ne lui permettait pas de le voir. Misérable à l'excès, troublée, balbutiante, elle laissa entendre à ses sœurs que son mari ne l'avait rejointe que dans l'obscurité la plus profonde.

«Il doit bien y avoir quelque chose d'horrible en lui pour qu'il craigne ainsi la lumière du jour», dit-elle en sanglotant, et elle les pria de lui donner un conseil.

Elles lui conseillèrent de cacher un couteau bien effilé et une lampe à côté de son lit puis quand son mari serait profondément endormi d'allumer la lampe et de plonger vivement le couteau dans la forme affreuse que la lueur de la lampe lui révélerait certainement.

Fin de l'extrait

 

À propos de la réaction de Cupidon

[…./....]

Extrait

[…/...]

Quand enfin il s'endormit, elle rassembla son courage et alluma la lampe. Sur la pointe des pieds, élevant la lampe, elle regarda celui qui était étendu. Oh, de quel soulagement et de quelle extase son cœur fut rempli ! La lueur éclairait la plus belle des créatures. Envahie par la honte de sa folie et de son manque de confiance, elle tomba à genoux et s'il n'était tombé de ses mains tremblantes, elle aurait plongé le couteau dans son propre sein. Mais tandis qu'elle se penchait, incapable de se refuser la joie de contempler tant de beauté, une goutte d'huile brûlante tomba de la lampe sur l'épaule du bel endormi. Il s'éveilla en sursaut, vit la lumière et la déloyauté de Psyché; sans un mot, il s'enfuit.

[…/...]

« L'amour ne peut vivre sans confiance » , et sur ces derniers mots, il la quitta.

Fin de l'extrait


Oui - mais,

Cette réaction donne toute la mesure de ce qui pourrait paraître ambiguë...ce n'est pas en vérité '' le manque de confiance à l'autre '', Cupidon [ Éros ] n'était pas '' une chose '' extérieure à elle, il est une partie de son entendement, Psyché à ce moment de sa vie est encore sous l'emprise de la pression idéologique qu'exerce le clan, mentalement marquée par le défendu d'être elle-même, de vivre selon sa singularité : L'INTERDIT

'' Voilà la chanson gentille '', qu'Offenbach [ '' - les contes d' - '' ] fait chanter par Olympia s'éveillant à la vie, le corps libre aussi vrai, aussi nu que la vérité incontesté


ICI

Ce n'est pas sans rappeler, à notre époque, qu'en Inde hindouistes et musulmans vivent dans des quartiers aux cloisons étanches, parfaitement séparés sans le moindre contact d'une communauté à l'autre, ne formeront jamais dans cette condition un peuple susceptible de placer le rêve au centre des relations sociétales mais n'ont pour toute destination que de faire éprouver l'enfer à ceux d'entre-eux attirés l'un vers l'autre dans le cas de rencontres fortuites car quelque part se trouve toujours une porte mal refermée – plane sur leurs têtes [ saines ] la sentence du clan ... pouvant aller jusqu'au crime d'honneur...

[…./....]

Vénus avait verrouillé les portes, mais il restait les fenêtres. Rien de plus aisé pour Cupidon que de s'envoler et de se mettre à la recherche de sa femme. En un instant, il enleva le sommeil des yeux de Psyché pour le remettre dans la boîte. Puis il réveilla sa femme en la piquant légèrement de la pointe d'une de ses flèches; il la gronda un peu pour sa curiosité, il lui dit de porter à sa mère la boîte de Proserpine et enfin lui affirma que tout se passerait bien désormais.

[…/...]

Fin de l'extrait


Le sens de la fable

Montre que dans les sociétés où domine l'hydre monothéiste [ monde de la pensée unique, totalitaire ] la femme est toujours un enjeu principal pour le clan

La conscience assujettie dans un système [ souvent aggravé d'un code '' social '' infâme, impératif ], aliénée, animée d'un sentiment de culpabilité n'en est que mieux maintenue sous l'emprise du clan

Le clan ici s'identifie, se manifeste essentiellement par la présence et les manipulations entreprises à son encontre par les deux sœurs de Psyché... avec '' l'aide de la divinité '' illustre les barrières qu'oppose le clan à la liberté d'être soi, surtout quand il s'agit d'une femme

Vénus symbolise la jalousie , révélateur de l'état d'esprit, de la véritable nature du clan qui ne sait qu'interdire ce qu'il ne comprend plus ni ne peut admettre – qu'une des leurs soit différente – la beauté de Psyché [ ou la belle femme, c'est à dire la pensée ] lui est insupportable


Psyché est le symbole fort de l'entendement commun à chaque femme susceptible de mettre fin à sa captivité, de la volonté puissante, vitaliste de sortir de la cage, de conduire enfin sa vie sans se référer à l'expérience d'autres


Psyché libérée peut enfin vivre sa singularité, c'est bien là le sens véritable de cette si peu virtuelle fable L'histoire d'une femme heureuse, ravie de vivre loin du clan, sous d'autres cieux embellie par l'excellence des joiesqui lui sont offertes, s'adresse aux autres femmes, femmes refusant de plier sous le joug clanique pour ne pas devenir une caricature de femme

Poétique aventure de l'esprit, de la vie de la conscience;nous démocrates, nous sommes tous redevables, en nous noustrouverons , par ce lien spirituel qui nous unis,toujours l'énergieessentielle pour combattre les idéologies de l'anticulture [ l'hydre monothéiste ] et sa culminante prônant l'interdiction de l'apostasie pour la plus sectaire de toutes

Parce que nous savonsqu'une femme est autre qu'une momie affublée de son linceul mortifère tout juste bonne pour la reproduction et la croissance démographique du clan et de rappelerpar notre enjouement, aussi par malignité autant que par magnanimité l'heure des barcarolles, bouillonnant de chants qu'octroiele sens de la fête , l'amour, la mort, l'art,interprétés avec authenticitépour qu'a la fin il reste l'Art


...mondes de l'anticulture...je le crains ils n'y pensent pas...


En 2011, il sera indispensable, vital de reprendre, d'actualiser la critique radicale de tous les sectarismes colportés depuis l' Orient [ religions ] par l'hydre monothéiste comme autant de rumeurs, en se référent exclusivement aux textes, dont les contenus d'autres époques sont autant d'expressions phallocrates, misogynes, xénophobes, racistes appelant à la haine, à la destruction de l'autre le différent voire à l'égorger – textes '' bien humains, trop humains '' pour cesser d'en parler comme de révélations


Seule La lecture des textes permet l'examen et par conséquent à l'esprit critiquede démontrer ce qu'il en est deces idéologies dont l'impact est de délier et non de relier les gens....de mettre en échec à contrarioles charlatans qui profitent que les ou leurs '' adeptes '' n'ont pas lus ou trouver le temps de lire, ni dans leurs milieux formés à l'esprit de critique pour leur faire accroire cette idée que leur religion est une religion de paix et d'amour...et que l'on ne peut pas, comble de la superstition, vivre sans religion

Lire soi-même...et comprendre...ils n'ont pas vus dans l'homme, que le corps estprincipe de vie et de pensée – Parler dela Psyché, c'est dire le corps

Crab –27 décembre 2010 -


Suite sur : Roméo-Juliette-Inde

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/romeo-juliette-inde/


Ci-dessous - La totalité du texte :

 

Cupidon et Psyché

Il y avait une fois un roi, père de trois filles ravissantes. La plus jeune, Psyché, surpassait tellement ses sœurs en éclat, qu'auprès d'elles, elle paraissait être une déesse frayant avec de simples mortelles. La renommée de sa beauté s'étendit sur toute la terre et de tous côtés les hommes se mettaient en route pour venir la contempler avec émerveillement et adoration. Ils allaient jusqu'à dire que Vénus ne pouvait rivaliser avec cette mortelle. Et tandis qu' ils se pressaient autour d'elle, plus aucun d'eux n'accordait une pensée à Vénus. Les temples de la déesse étaient négligés, ses autels recouverts de cendres froides; désertées, ses villes consacrées tombaient en ruines. Tous les honneurs allaient maintenant à une simple jeune fille destinée à mourir un jour.


La déesse ne pouvait accepter pareille façon d'agir. Comme à chaque fois qu'elle se trouvait dans l'embarras, elle requit l'aide de son fils, que d'aucuns appellent Cupidon et d'autres l'Amour, et contre les flèches duquel il n'existe aucune défense, pas plus au ciel que sur la terre. Elle lui dit ses griefs et comme toujours, elle le trouva prêt à obéir à ses ordres.

«Use de ton pouvoir», lui dit-elle,«et fais en sorte que cette petite effrontée s'éprenne follement de la plus vile, de la plus méprisable créature qui soit au monde».


Il l'aurait fait, si Vénus ne lui avait d'abord montré Psyché. Lorsqu'il la vit, ce fut comme si lui-même s'était percé le cœur d'une de ses propres flèches. Il ne dit rien à sa mère; il n'avait plus la force de proférer un mot, et Vénus le quitta persuadée qu'il mènerait rapidement Psyché à sa perte.


Les choses se passèrent bien autrement qu'elle n'y comptait. Psyché ne s'éprit nullement d'un scélérat; en fait, elle ne s'éprit de personne et chose plus étrange encore, personne ne s'éprit d'elle. Les hommes se contentaient de la contempler, de l'admirer, de l'adorer, puis passaient et en épousaient une autre. Ses deux sœurs, bien qu'infiniment moins séduisantes, avaient chacune d'elles trouvé un roi pour mari. Psyché, la toute belle, restait triste et solitaire, toujours admirée, jamais aimée. Aucun homme, semblait-il, ne la voulait pour épouse.


Ceci était une grande cause de souci pour ses parents. Son père se rendit auprès d'un oracle d'Apollon, pour demander le moyen de trouver un bon mari pour Psyché. Le dieu consentit à répondre, mais ses paroles furent terribles. Entretemps, Cupidon lui aussi était venu implorer son aide. En conséquence, Apollon décréta que Psyché, vêtue d'habits de deuil, devait être menée sur le sommet d'une colline et y rester seule; là, le mari qui lui était destiné, un serpent ailé, terrifiant, et plus fort que les dieux viendrait à elle et l'épouserait.

Le père désespéré rapporta ces nouvelles lamentables. On para la jeune fille comme pour ses funérailles et on la mena sur la colline. Psyché seule gardait tout son courage.

« C'est beaucoup plus tôt que vous auriez dû pleurer sur moi, à cause de cette beauté qui m'a valu la jalousie du ciel. Partez maintenant, et sachez que je suis heureuse d'en voir venir la fin »


Sur la colline, dans l'obscurité, Psyché restait assise, attendant elle ne savait quelle épouvante. Tandis qu'elle pleurait et tremblait, un léger souffle parvint jusqu'à elle, la douce haleine de Zéphyre, le plus doux des vents. Elle sentit qu'il la soulevait. Elle glissa dans l'air, depuis la colline rocheuse jusqu'à une grande prairie moelleuse comme un lit, odorante de fleurs. Il y faisait si paisible qu'elle en oublia tous ses soucis et s'endormit.

Elle se réveilla près d'une rivière scintillante, au bord de laquelle s'élevait un château imposant et magnifique , avec des colonnes en or, des murs en argent et des dallages incrustés de pierres précieuses. On n'entendait aucun son; l'endroit semblait désert et Psyché s'approcha, intimidée par la vue d'une telle splendeur. Comme elle hésitait sur le seuil, son oreille perçut des sons; elle ne voyait personne mais les mots lui parvenaient clairement.


«La maison est à toi» , disaient-ils. «Entre sans crainte, baigne-toi, rafraîchis-toi; ensuite on dressera pour toi la table du banquet»


Jamais elle n'avait pris de bain si délicieux, ni goûté à des mets plus délectables. Tandis qu'elle dînait, une douce musique se répandait autour d'elle -- une harpe accompagnant un chœur nombreux, semblait-il; elle ne fait que les entendre, sans les voir. Toute la journée elle resta seule; mais sans pouvoir se l'expliquer, elle était certaine qu'à la tombée de la nuit, son mari viendrait. Et il en fut ainsi.

Quand elle le sentit près d'elle et qu'elle entendit sa voix murmurer doucement à son oreille, toutes ses craintes l'abandonnèrent. Sans le voir, elle savait qu'il n'était ni un monstre ni une forme d'épouvante, mais bien l'amant et l'époux qu'elle avait si longuement désiré et attendu.


Cette demi-présence ne pouvait pleinement la satisfaire; cependant, elle était heureuse et le temps passait vite. Mais une nuit, son cher bien qu'invisible époux lui parla gravement et l'avertit qu'un danger la menaçait -- sous la forme de ses deux sœurs.


«Elles se rendent sur la colline où tu as disparu,afin d'y pleurer sur toi », lui dit-il. «Mais à aucun prix il ne faut qu'elles t'aperçoivent. Sinon, tu deviendrais pour moi la cause d'une grande peine et pour toi, celle de ta propre destruction».


Elle promit de ne pas se laisser voir, mais passa toute la journée à pleurer en pensant à ses sœurs et à la défense qui lui était faite. Elle pleurait encore lorsque son mari revint et même les caresses qu'il lui prodigua ne purent tarir ses larmes. Avec chagrin, il céda en lui faisant promettre de faire attention.


Le lendemain, portées par Zéphyre, les deux sœurs entrèrent dans le palais et en virent tous les trésors; attablées devant le somptueux banquet, elles entendirent la merveilleuse musique. Une amère envie s'empara d'elles ainsi que la curiosité. Elles voulaient connaître l'époux, le seigneur de toute cette magnificence.

Mais Psyché tint parole et se contenta de répondre que son mari était un homme jeune et qu'il était parti à la chasse. Puis après avoir rempli leurs mains d'or et de joyaux, elle pria Zéphyre de les ramener sur la colline. Les deux sœurs quittèrent Psyché le cœur dévoré par la jalousie. Comparées à elle, toutes leurs richesses semblaient réduites à néant et leur colère envieuse grandit tellement qu'elles en vinrent à comploter la perte de leur sœur.


Cette nuit-là, l'époux la mit une fois de plus en garde. Mais elle ne voulait rien écouter, lui rappelant qu'elle ne pouvait jamais le voir et qu'on ne pouvait lui interdire de voir même ses sœurs qui lui étaient si chères. Il céda de nouveau et bientôt les deux méchantes femmes arrivèrent, leur complot soigneusement mis au point.

Elles se doutaient que leur sœur n'avait jamais vu son époux ne pouvant le décrire lorsqu'elles lui avaient demandé. Elles ne dirent rien mais lui reprochèrent de dissimuler sa désolante condition.

Elles avaient appris, ajoutèrent-elles, que son mari n'était pas du tout un homme mais bien l'affreux serpent annoncé par l'oracle d'Apollon. Il se montrait doux pour l'instant, mais une nuit viendrait où il se jetterait sur elle pour la dévorer.


Psyché sentait la terreur l'envahir. Elle s'était demandé si souvent pourquoi il ne lui permettait pas de le voir. Misérable à l'excès, troublée, balbutiante, elle laissa entendre à ses sœurs que son mari ne l'avait rejointe que dans l'obscurité la plus profonde.


«Il doit bien y avoir quelque chose d'horrible en lui pour qu'il craigne ainsi la lumière du jour», dit-elle en sanglotant, et elle les pria de lui donner un conseil.


Elles lui conseillèrent de cacher un couteau bien effilé et une lampe à côté de son lit puis quand son mari serait profondément endormi d'allumer la lampe et de plonger vivement le couteau dans la forme affreuse que la lueur de la lampe lui révélerait certainement.


Toute la journée Psyché qui aimait son cher époux, fut rongée par le doute. Le soir venu, elle était bien décidée à une chose : elle le verrait.

Quand enfin il s'endormit, elle rassembla son courage et alluma la lampe. Sur la pointe des pieds, élevant la lampe, elle regarda celui qui était étendu. Oh, de quel soulagement et de quelle extase son cœur fut rempli !

La lueur éclairait la plus belle des créatures. Envahie par la honte de sa folie et de son manque de confiance, elle tomba à genoux et s'il n'était tombé de ses mains tremblantes, elle aurait plongé le couteau dans son propre sein.

Mais tandis qu'elle se penchait, incapable de se refuser la joie de contempler tant de beauté, une goutte d'huile brûlante tomba de la lampe sur l'épaule du bel endormi. Il s'éveilla en sursaut, vit la lumière et la déloyauté de Psyché; sans un mot, il s'enfuit.


Elle courut derrière lui dans la nuit. Elle entendait sa voix qui lui parlait. Il lui apprit son nom et tristement lui dit adieu.


«L'amour ne peut vivre sans confiance» , et sur ces derniers mots, il la quitta.


« Le dieu de l'Amour » , pensa-t-elle. «Il était mon époux, et moi, misérable, j'ai manqué de foi en sa parole. Est-il parti à jamais ? De toute façon...» se dit-elle encore, « je peux passer le reste de ma vie à sa recherche. S'il n'éprouve plus aucun amour pour moi, je saurai, moi, lui montrer combien je l'aime » . Et elle se mit en route sachant qu'elle ne renoncerait jamais à le retrouver.


Il était allé rejoindre sa mère pour lui demander de panser sa blessure. Quand Vénus entendit son histoire et apprit qu'il avait choisi Psyché, elle le quitta avec colère et partit en quête de cette jeune fille dont il l'avait rendue plus jalouse encore. Elle était décidée à montrer à Psyché ce qu'il en coûte de s'attirer le courroux d'une déesse.


La pauvre Psyché tentait en vain de se concilier les dieux, mais aucun d'eux ne voulut faire quoi que ce soit qui pût attirer l'inimitié de Vénus. Elle comprit qu'il n'y avait aucun espoir de ce côté et elle prit la décision de s'adresser à Vénus elle-même en lui offrant de la servir. Elle se mit donc en route pour retrouver la déesse qui elle-même la cherchait partout.


Quand enfin elles se rencontrèrent, Vénus se mit à rire et lui demanda avec mépris si elle cherchait un mari, celui qu'elle avait eu refusant de la voir depuis qu'il avait failli mourir de la brûlure qu'elle lui avait infligée.


« Mais en vérité » , dit la déesse, «tu es si laide et tu paies si peu de mine que jamais tu ne trouveras un amoureux, si ce n'est en te rendant utile avec diligence et peine. Pour te montrer ma bonne volonté, je vais donc t'enseigner comment t'y prendre.»


Elle prit une quantité des graines les plus petites -- de blé, de coquelicot, de millet, et d'autres encore -- et les mélangeant toutes ensemble, elle en fit un grand tas.


«Dans ton propre intérêt, veille à ce que tout ceci soit trié pour ce soir» , dit-elle. Et sur ces mots, elle s'en alla.


Psyché s'assit et contempla le tas de graines. Désorientée devant tant de cruauté de cet ordre et un tâche aussi manifestement impossible. Mais celle qui n'avait su éveiller la compassion ni chez les mortels, ni chez les immortels, fut prise en pitié par les plus petites créatures, par les fourmis, ces ouvrières infatigables.

Elles vinrent par vagues successives et travaillèrent avec acharnement, séparant, triant, amoncelant; ce qui n'avait été qu'une masse confuse devint une série de monticules bien ordonnés, chacun composé d'une seule variété de semence. À cette vue, Vénus à son retour se mit fort en colère.


«Ton travail n'en est pas pour autant terminé» dit-elle.


Le matin suivant, elle trouva une nouvelle tâche plus dangereuse cette fois.


«En bas, près de la rivière, là où poussent ces épais buissons, se trouvent des moutons dont la toison est d'or,» lui dit-elle. «Va me chercher un peu de leur laine brillante.»


Quand la jeune fille atteignit le gracieux cours d'eau, un grand désir lui vient de s'y jeter et d'amener ainsi la fin des ses peines et de son désespoir. Comme elle se penchait une petite voix s'élevait du sol, et baissant les yeux elle comprit que la voix provenait d'un roseau. Il lui disait qu'elle ne devait pas se noyer, que les choses ne présentaient pas mal à ce point.

Les moutons étaient, certes, très violents et méchants, cependant le soir venu, ils sortaient des broussailles pour se reposer et s'abreuver au bord de la rivière. Il ne lui resterait plus qu'à entrer dans les fourrés et à y récolter toute la laine dorée accrochée aux ronces.


Psyché ayant suivi les conseils du gentil roseau fut à même de rapporter une grande quantité de fils d'or à sa cruelle maîtresse. Vénus s'en saisit avec un sourire plein de fiel.


«Quelqu'un t'a aidée» , dit-elle d'un ton brusque. «Seule tu n'aurais pu venir à bout. Je vais te donner une nouvelle occasion de prouver que tu as le cœur aussi résolu que tu le prétends. Vois-tu cette eau noire qui descend de cette colline ? C'est la source du fleuve terrible et haï, le Styx. Tu y rempliras le flacon que voici. »


C'était la plus dure des tâches imposées jusqu'ici; Les rochers qui l'entouraient de tous côtés étaient si escarpés et si glissants, l'eau s'y précipitait d'une façon si terrifiante, que seule une créature ailée eût pu s'en approcher. Son sauveur, cette fois, fut un aigle qui planait non loin de là. Avec son bec, il lui prit le flacon des mains, le remplit d'eau noire et le lui rapporta.


Mais Vénus s'entêtait. Tout ce qui se passait avait pour seul effet de l'inciter à de nouvelles tentatives. Elle donna une boîte à Psyché avec pour consigne de la porter dans le monde souterrain et de prier Proserpine d'y mettre un peu de sa beauté. Obéissante comme toujours, Psyché s'en fut à la recherche du chemin conduisant au Hadès.

Comme elle passait devant une tour, celle-ci s'offrit à la guider; elle lui donna un itinéraire détaillé qui la mènerait au palais de Proserpine : il fallait passer d'abord par un grand trou dans la terre, puis par la rivière de la mort où elle donnerait une obole au nocher Charon afin qu'il la déposât sur l'autre rive.

De là, la route descendait droit au palais. Cerbère, le chien aux trois têtes, gardait la porte, mais si elle lui offrait un gâteau, il s'apprivoiserait et la laisserait entrer.

Tout se passa bien entendu comme la tour l'avait annoncé. Proserpine ne demandait pas mieux que de rendre service à Vénus; Psyché reprit la boîte et s'en revint avec bien plus de célérité qu'elle était venue.


Par sa curiosité, elle provoqua elle-même l'épreuve suivante. Elle voulait voir le charme de beauté que contenait la boîte et peut-être en user un peu pour elle-même. Aussi bien que Vénus, elle savait que son apparence souffrait de tout ce qu'elle endurait.

Si seulement elle pouvait se rendre plus belle pour Cupidon. Elle ouvrit la boîte. À son grand désappointement, elle n'y trouva rien; la boîte paraissait vide. Cependant, une langueur mortelle la prit aussitôt et elle tomba dans un profond sommeil.


À ce moment critique, le dieu de l'Amour intervint. Il est difficile d'emprisonner l'Amour. Vénus avait verrouillé les portes, mais il restait les fenêtres. Rien de plus aisé pour Cupidon que de s'envoler et de se mettre à la recherche de sa femme.

En un instant, il enleva le sommeil des yeux de Psyché pour le remettre dans la boîte. Puis il réveilla sa femme en la piquant légèrement de la pointe d'une de ses flèches; il la gronda un peu pour sa curiosité, il lui dit de porter à sa mère la boîte de Proserpine et enfin lui affirma que tout se passerait bien désormais.


Tandis que l'heureuse Psyché s'empressait d'obéir, le dieu de l'Amour s'envolait vers l'Olympe. Il voulait s'assurer que Vénus ne leur causerait plus de difficultés, et il porta l'affaire devant Jupiter lui-même. Le Père des dieux et des hommes consentit aussitôt à tout ce que Cupidon lui demandait —


« Bien que» lui dit-il, «tu m'aies fait grand tort dans le passé — tu as sérieusement endommagé ma réputation et ma dignité en m'obligeant à me changer en taureau, en cygne et j'en passe...Néanmoins, je ne peux rien te refuser. »


Il convoqua les dieux en assemblée plénière; il leur annonça (à Vénus comme aux autres) que Cupidon et Psyché étaient officiellement mariés et il proposa d'accorder l'immortalité à l'épousée.

Mercure enleva Psyché au ciel et la déposa dans le palais des dieux; Jupiter lui-même la fit goûter à l'ambroisie qui la rendit immortelle. Vénus ne pouvait trouver à redire à ce qu'une déesse devînt sa belle-fille.

Elle se dit aussi que Psyché, vivant au ciel avec un mari et des enfants dont il lui faudrait s'occuper, n'aurait plus guère le temps de descendre sur la terre pour y tourner la tête aux hommes et s'immiscer dans son propre culte.


Tout se termina donc le plus heureusement du monde. L'amour et l'Âme, (car c'est là ce que signifie Psyché en grec) s'étaient cherchés et après de dures épreuves s'étaient enfin trouvés. Et cette union ne devait jamais plus se briser.

L'hydre de Lerne.jpg

L'hydre de Lerne

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