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09/12/2014

Crèches de Noël

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Crèche de Noël

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Un anti-laïque m'écrit : '' crab2 la crèche fut faite dans un cadre culturel et artistique en accord avec la loi de 1905, ça revient au même qu’exposer des tableaux artistiques chrétiens dans des musées '' - Fin de votre observation

 

Non l’entrée des musées est payante, ce n’est donc pas la même démarche, l’installation d’une crèche ou repas de rupture du ramadan est financé avec les deniers de tous les contribuables et ne sont donc pas financés exclusivement par les croyants - pourquoi, ces municipalités avec les deniers de tous les contribuables n’organiseraient pas ( à titre d’exemple ) une fête de l’athéisme ? Seriez-vous d’accord ?

 

Le même anti-laïque ajoute : '' la religion fait partie de la culture et tradition car de la religion régit le mode de vie, la pensée, la croyance, les valeurs , la morale, les coutumes... tu racontes n’importe quoi.'' Fin de son aimable remarque

 

La religion de toutes façons n'est pas une culture mais une croyance, donc en aucun cas la religion ne peut faire partie de ma culture ni de mes traditions - la religion ne régit pas mon mode de vie, encore moins ma façon de penser, n’entre pas dans mes valeurs ;

quand à ma morale elle est humaniste : libertaire ( et non libertarienne ), épicurienne - ma philosophie se réclame des anciens grecques : Démocrite, Leucippe, Épicure, Ésope, les Tragédiens, … des penseurs des Lumières ( dont Jean Meslier ), La Fontaine, Émilie du Châtelet, Olympe de Gouges, Charles Darwin, de Mozart, Elisabeth Badinter ect.

 

En outre, vous voulez introduire l'enseignement du fait religieux à l'école mais pas l'enseignement du fait athée, bizarre, bizarre, bizarre...  Cab 9 Décembre 2014

 

Suites :

http://laicite-moderne.blogspot.fr/2014/12/contre-les-assauts-theocratiques-suite-2.html

ou sur :

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2014/12/04/contre-les-assauts-theocratiques-suite-2-5503480.html

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Suites 2 :

http://laicite-moderne.blogspot.fr/2014/12/sorties-scolaires.html

ou sur :

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2014/12/05/sorties-scolaires-5504188.html

 

05/12/2014

Sorties scolaires

Hypatie d'Alexandrie.png

Hypatie d'Alexandrie

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Dors et déjà, depuis plus de vingt cinq ans, le statut de la laïcité n'est plus respecté par l'ensemble de la classe politique, ce qui ne manque pas de dégoutter la plupart de nos compatriotes, dans ce domaine la lâcheté de la gauche au pouvoir n'est pas nouvelle, voire dépasse l'imaginable -

Hier ( 4 Décembre ) sur BFMTV, Nadia Vallaud-Belkacem n'a pas pu s'empêcher de justifier, deprôner ( selon les lieux )ou de tolérer la présence des mamans voilées accompagnatrices( noter au passage qu'elle ne parle pas de papas accompagnateurs ) lors des sorties organisées par l'école

Najat Vallaud-Belkacem affecte ne pas comprendre : c'est du prosélytisme, lors des sorties scolaires, quand une enfoulardée impose du dieu et de son dieu

 

La laïcité ou l'humanisme implique l'égalité des droits des divers croyants et des divers athées ;

au lieu de respecter les parents incroyants ( qui eux ne portent pas de tee-shirt stipulant « dieu n'existe pas » ), agnostiques ou déistes sans confessions pour Nadia Vallaud-Belkacem il est préférable de ne pas s'opposer au prosélytisme religieux dans le cadre scolaire, mais de donner une prime aux extrémistes, dans le même temps valide les assauts théocratiques menés contre la laïcité, alors que nul n'ignore que les voiles islamiques relève d'une discrimination sexuelle symboliquement sans le moindre rapport avec la religion ou la croyance dans le surnaturel

 

La religion est une chose, la culture en est une autre

Le statut de la laïcité ne protège pas les cultures prônant l'inégalité entre femmes et hommes ;

justifier la présence des mamans voilées accompagnatrices scolaires dans certains quartiers de nos villes n'est pas sans rappeler la valorisation catastrophique du patriarcat sacralisé par la religion par la présence de « grands frères musulmans » mis en place, placés à la sortie des écoles ou des lycées, par la gauche et cela pendant des années - - - Crab 5 Décembre 2014

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Suites :

http://laicite-moderne.blogspot.fr/2014/12/contre-les-assauts-theocratiques-suite-2.html

ou sur :

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2014/12/04/contre-les-assauts-theocratiques-suite-2-5503480.html

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Française français c'est être de culture française – pour en être, il ne suffit pas de naître sur le sol français, la laïque Hypatie d'Alexandrie en est la preuve la plus éclatante

Suite : Lettre à Hypatie

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/tu-aimeras-ton-prochain/

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http://laicite-moderne.blogspot.fr/2014/11/le-fait-laique.html

 

 

 

 

 

 

04/12/2014

Contre les assauts théocratiques - suite 2

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Ci-dessus : À priori, '' on '' lui donnerait le « bon dieu » sans confessions, Marie peinte par Raphaël est certainement la plus illustre des mères porteuses de toute l'histoire de la crédulité

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Une crèche de Noël retirée du hall du conseil général de Vendée

Décision « grotesque », « inquiétante » et « injuste » selon Bruno Retailleau, président du conseil général ( UMP ), qui a annoncé cet après-midi son intention d’«utiliser tous les recours juridiques possibles pour faire annuler cette décision», « jusqu’à la Cour Européenne des Droits de l’Homme s’il le faut »

 

Sur son blog, il explique avoir exécuté la décision qu’il juge cependant « grotesque », « inquiétante » et « injuste ». «Manifestement il y a deux poids deux mesures, écrit-il, à l’heure où personne ne remet en cause le repas d’ouverture du Ramadan offert tous les ans par la mairie de Paris.»

 

C'est bafouer la Démocratie et la laïcité que de parler d'une décision « grotesque », Bruno Retailleau ferait mieux, ( et ce serait moins grotesque ), de s'occuper de la bonne gestion des finances de l'UMP

 

Sa remarque sonne des plus faux, les Radicaux de gauche s'étaient opposés quand la mairie de Paris organise une réception pour célébrer le début du Ramadan

 

Des élus parisiens, dénonçaient une initiative allant à l'encontre du respect de la laïcité, dont parmi eux, ceux du Parti radical de gauche co-signataires *1 de cette tribune collective :

 

…/...

 

L’organisation à l’Hôtel de Ville de Paris le 9 juillet prochain, d’une nouvelle fête culturelle, calée sur un calendrier religieux, nous interpelle. 

 

Une ville irréprochable, notamment quant au respect de la laïcité, voilà un des combats que les Radicaux de gauche mènent depuis 2001, au Conseil de Paris ou au sein des mairies d’arrondissement.

 

Certaines pratiques des élus parisiens, de toute appartenance politique, prêtent en effet largement à confusion. Nous n’avons eu de cesse de le dénoncer

 

Ainsi, nous nous sommes successivement mobilisés contre le déplacement de la date d’un Conseil de Paris pour cause de fête religieuse, contre l’attribution de subventions à des crèches confessionnelles ou encore contre les baisses de loyers injustifiées pour des associations religieuses. Et nous étions aussi au premier rang de la fronde lorsqu’une place de Paris a été rebaptisée au nom de Jean-Paul II, sans vote au Conseil de Paris.

 

C’est dans ce même esprit que nous dénonçons aujourd’hui la célébration de la fête du Ramadan organisée à l’Hôtel de Ville. Et cette indignation vaut pour l’ensemble des événements à caractère religieux organisés avec la Ville de Paris : qu’ils soient catholiques, juifs ou musulmans, nous les considérons inopportuns au sein du centre des institutions municipales, l’Hôtel de Ville de Paris, comme dans tous les édifices municipaux

/... Fin de l'extrait

 

*1 : Cosignataires :

Alban Ketelbuters, doctorant en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal, membre de l’Institut de recherches et d’études féministes | Djemila Benhabib, essayiste | David Bertet, professeur de philosophie | Rakia Fourati, membre fondatrice de la Ligue tunisienne de défense de la laïcité et des libertés | Bartholomé Girard, ancien président de SOS homophobie | Ziad Goudjil, conseiller régional EELV d’Ile-de-France | Asma Guenifi, ancienne présidente de Ni putes ni soumises | Waleed Al-Husseini, exilé palestinien, fondateur du Conseil des ex-musulmans de France | Thierry Jopeck, administrateur général du Musée national des Arts asiatiques - Guimet | Mohamed Kacimi, écrivain | Louise Mailloux, professeure de philosophie | Samuel Mayol, maître de conférences, directeur de l’IUT de Saint-Denis | Céline Pina, conseillère régionale PS d’Ile-de-France

 

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Laïcité : lettre ouverte aux élus

01 décembre 2014 |  Par Henri Pena-Ruiz

 

La laïcité va mal. Ancien membre de la Commission Stasi sur l’application du principe de laïcité dans la République, je ne peux garder le silence. Naguère, la droite au pouvoir la malmenait par la bouche de Monsieur Sarkozy. Aujourd’hui certains élus de gauche ne la traitent pas mieux. Tout se passe comme si les vrais ennemis de la laïcité et ses faux amis semblaient d’accord pour l’encenser en principe et la violer en pratique. Halte à la duplicité. Inventaire.

 

D’abord un vocabulaire polémique brouille les choses à loisir. Il est trop facile, par exemple, d’inventer une opposition artificielle entre la laïcité dite “ouverte” et la laïcité dite “de combat”. La première expression est usuelle chez les adversaires de la laïcité qui insinuent ainsi que la laïcité tout court serait fermée. Une calomnie travestie en signe d’ouverture. La seconde est fréquente chez ceux qui par électoralisme refusent de défendre la laïcité et en édulcorent le sens. Une trahison déguisée en réalisme. Un tel vocabulaire est d'ailleurs absurde. Parle-t-on de la « liberté ouverte » ou des « droits humains de combat » ? Bref, on adjective la laïcité soit parce qu’on en rejette les exigences soit parce qu’on manque de courage politique pour les faire valoir.

 

Les  vrais ennemis de la laïcité rêvent de rétablir les privilèges publics des religions: c'est ce qu'ils appellent “laïcité ouverte”. Ils parlent de “liberté religieuse” plus que de liberté de conscience. Faudra-t-il parler aussi de “liberté athée”? Ses faux amis répugnent à la défendre par peur de perdre des voix et inventent l'expression polémique “laïcité de combat” pour qualifier une telle défense. C’est ce qui ouvre tout grand un chemin à une contrefaçon de laïcité par la droite extrême. Celle-ci feint de défendre la laïcité alors qu’elle la caricature en la tournant contre un groupe particulier de citoyennes et de citoyens. Ce qui est alors en jeu, c’est une conception  discriminatoire travestie en laïcité. Tout le contraire de celle-ci.

 

Un premier exemple d’attaque contre la laïcité par la droite puis de refus de la défendre par la gauche au pouvoir. Comme on sait, la loi Carle votée sous la présidence de Monsieur Sarkozy met à la charge des communes la scolarisation d’enfants dans des écoles privées de communes voisines. Quand les laïques contestent cette loi et en demandent l’abrogation, les vrais ennemis et les faux amis de la laïcité, tout uniment, les accusent de vouloir rallumer la guerre scolaire ! Une accusation ridicule qui dissimule mal la volonté de faire entériner une violation de la laïcité. Aujourd’hui, que fait le gouvernement dit socialiste contre cet héritage de l’ère antérieure qui renforce les privilèges des écoles privées religieuses, affranchies de surcroît de l’obligation d’appliquer la réforme des rythmes scolaires ? Rien. C’est triste. Pire. Monsieur Peillon, précédent ministre de l’Éducation Nationale, a rédigé une charte de la laïcité. Mais il a étendu le financement public des activités périscolaires aux écoles privées, alors que la Loi Debré ne le prévoyait que pour les disciplines d'enseignement. Comprenne qui pourra.

 

A Paris, tout en s’affirmant fidèle à la laïcité, la mairie continue à subventionner des crèches confessionnelles et des fêtes religieuses comme celle qui a été organisée l’été dernier pour le ramadan. Ainsi des contribuables athées ou agnostiques sont obligés de subventionner à hauteur de 70 000 euros une fête religieuse. A quand une grande fête de l’humanisme athée financée sur fonds publics, à Paris et ailleurs ? Invoquer la culture, en l'occurrence, est peu rigoureux et néfaste. Confondre la culture arabe et le culte musulman c'est offrir un cadeau inespéré aux extrémistes religieux qui persécutent les arabes athées, accusés de “trahir leur culture”. Dans le même esprit, Franco proclamait: “En Espagne, on est catholique ou on n'est rien”. Et le cardinal Rauco Varela dit que l'avortement n'est pas dans la “culture espagnole”. D'où la tentative de Monsieur Rajoy, aujourd'hui avortée, de supprimer un droit essentiel des femmes. La culture a bon dos! C'est la commission Machelon, mis en place par  Nicolas Sarkozy, qui a recommandé le brouillage de la distinction entre culte et culture afin de contourner la loi du 9 Décembre 1905 qui interdit de financer les cultes. Nombre d'élus de gauche comme de droite appliquent la recette tout en se disant laïques, bien sûr.

 

Dans le Limousin, on a financé sur fonds publics des processions religieuses catholiques, en présentant  ces dernières comme des « manifestations culturelles ». Heureusement, dans ce dernier cas, les tribunaux ont condamné ce subterfuge. Contre l’évidence trop d'élus brouillent les choses. L’électoralisme ainsi mis en œuvre veut faire prendre des vessies pour des lanternes. Je rêve d’une sixième république où les professions de foi des élus seraient le cas échéant opposables à leur pratique effective. La laïcité reprendrait quelques couleurs, et la justice sociale aussi. La vie politique cesserait d'inspirer le dégoût aux citoyens qui pensent que les principes sont faits pour être appliqués.

 

On va m'objecter le pragmatisme, invocation sempiternelle des élus qui trahissent. Mais concrètement le devoir des élus n’est pas d’encourager par des fonds publics les manifestations communautaristes. Il est de rappeler à tous leurs administrés que leur humanité ne se réduit pas à leur appartenance à une religion, qu'ils sont hommes et citoyens avant d'être musulmans ou catholiques. Des citoyens porteurs de volonté générale, c’est-à-dire d’une faculté de vouloir ce qui vaut pour tous et non ce qui ne vaut que pour eux seuls. Mesdames et messieurs les élus, mettez votre pratique en accord avec les principes que vous prétendez défendre ! Pour lutter efficacement contre les communautarismes religieux et leurs dangereuses dérives, cessez d'encourager les revendications particularistes. Les élus politiques, porteurs des principes et des lois de la République, sont comme le disait Victor Hugo les « instituteurs du peuple ».

 

Une politique républicaine doit viser le seul intérêt général, commun à tous. Dans cet esprit, il faut consacrer l’argent public aux seuls services d’intérêt général. Et montrer ainsi que la République ne se contente pas de proclamer l’universalisme, mais lui donne concrètement chair et vie. L’instruction et la  culture, l’accès aux soins, le logement social, sont d’intérêt commun aux divers croyants et aux athées. Ils sont de portée universelle. Pas la religion, ni d’ailleurs l’athéisme, options spirituelles particulières, à traiter comme telles si le mot république a encore un sens. Le deuxième article de la Loi du 9 Décembre 1905 est clair: “La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte”.

 

En Alsace Moselle, des maires se déclarent laïques tout en défendant le concordat. Pourtant celui-ci met à la charge des contribuables de toute la République les salaires des prêtres, des rabbins et des pasteurs des départements concordataires. Bref il contraint des athées et des agnostiques à financer la religion. Un comble en temps de crise et de vaches maigres pour les services publics ! Quelle est la motivation des élus concordataires, sinon un calcul électoral qui les conduit à chouchouter les croyants, donc à les traiter mieux que les athées. Au passage ils accréditent l’idée fausse selon laquelle la laïcité rejette la religion alors qu’elle ne rejette que ses privilèges publics. Et ils veulent faire croire que les trois composantes du droit local ( concordat napoléonien, Loi Falloux, droit social allemand ) sont inséparables, ce qui est faux. On peut abroger le concordat et les dispositions discriminatoires de la Loi Falloux (la religion inscrite dans l’enseignement public) sans toucher au droit social local.

 

Dans un discours émouvant sur les morts de la première guerre mondiale, le président de la République vient de souligner la dimension symbolique d’un mémorial qui ne recense plus les morts par nationalités mais les réunit au contraire dans un même hommage. On aurait aimé qu’il réhabilite au passage les fusillés pour l’exemple, ces hommes qui ne manquaient pas de courage mais clamaient leur révolte devant des massacres aujourd’hui déplorés par toute l’Europe. On aurait voulu aussi que l’hommage ne cite pas seulement les « soldats de toutes religions » mais également les soldats de conviction humaniste athée, donc « les soldats de toutes convictions ». Un “détail” ? Non. Une omission discriminatoire. « La République a besoin de croyants »…C’est ce qu’osait dire dans l’exercice de ses fonctions Nicolas Sarkozy, établissant ainsi une hiérarchie entre croyants et athées. Notre président actuel lui emboîte-t-il le pas en ne mentionnant que les soldats croyants ? Est-il si difficile pour le Président d’une république laïque de ne pas privilégier un type d’option spirituelle dans un moment aussi solennel ? Henri Barbusse, auteur d’un grand livre sur la guerre de 1914, Le Feu, aurait sans doute condamné cette discrimination implicite. De même pour Apollinaire, grièvement blessé sur le front et peu porté sur la religion.

 

Quant au récent voyage officiel à Rome du Premier Ministre de la République, aux frais de l’État, il enfreint aussi la laïcité. Lorsque François Fillon s'était rendu à Rome en 2011 pour y assister à la béatification de Jean Paul II, le Parti socialiste avait à juste titre protesté, au nom de la laïcité. Quand trois ans trois ans plus tard Manuel Valls s'y rend pour sa canonisation, le PS approuve. Comprenne qui pourra! On marche au pas sur les principes. On ne peut justifier la chose au nom des relations entre États. Manuel Valls n’a rien négocié à Rome. Il ne s’y trouvait pas pour évoquer des problèmes diplomatiques. Des cérémonies de canonisation n’ont de sens que religieux. Entendons-nous. Si Manuel Valls le voulait, il avait tout à fait le droit d’assister à un tel événement, mais à titre privé et sur ses deniers propres. Son admiration pour Clemenceau aurait pu d’ailleurs lui montrer la voie. En 1918, l’archevêque de Paris annonce un Te Deum à Notre-Dame de Paris en mémoire des morts de la guerre. Clémenceau, alors Président du Conseil, fait adopter par les ministres le refus d’y assister à titre officiel. Clemenceau s’en explique: séparation laïque oblige. Une décision exemplaire, car respectueuse de tous les citoyens et non des seuls croyants.

 

Tout se passe désormais comme si les athées ou les agnostiques, qui quant à eux ne demandent nullement à la République de satisfaire des revendications communautaristes, étaient tenus pour quantité négligeable. Leur discrétion par respect de la laïcité et de l’universalité de la chose publique les dessert alors qu’elle est à leur honneur. Un autre exemple. Dans une déclaration à l'Observatoire de la laïcité, Madame Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Éducation nationale, vient de permettre aux accompagnantes scolaires, au passage limités aux seules « mamans », de porter un signe religieux dans l’exercice de leur fonction. La laïcité implique l'égalité des droits des divers croyants et des athées. En toute logique, un ( e ) accompagnant ( e ) athée aura donc également le droit de porter un tee-shirt stipulant « Dieu n’existe pas ». Si on ne lui accorde pas ce droit, en soutenant que ce serait du prosélytisme, on fait deux poids deux mesures. Etrange interprétation de la laïcité, réduite à un égal traitement des seules religions et non de toutes les convictions. Pourquoi les athées n'auraient-ils pas le droit de mettre en avant leur choix spirituel, comme des croyants le font? Au nom de quoi une telle discrimination ? Par ailleurs Madame Vallaud-Belkacem réitère l'erreur qu'avait dû corriger la commission Stasi en proposant la Loi de 2004. En refusant de définir une même règle pour tous les établissements scolaires, conformément à l'indivisibilité de la République, elle dessaisit la laïcité de son statut de principe constitutionnel dans la hiérarchie des normes, et l'abandonne à la diversité des rapports de force locaux. Ce n'est pas la meilleure façon de la défendre.

 

Approfondissons cet exemple. Une conduite à prétention civique ou éthique doit pouvoir s’universaliser pour être recevable. Concrètement, une mère de famille musulmane ou catholique accepterait-elle que son enfant soit accompagné en voyage scolaire par un athée portant un tee-shirt mentionnant son choix spirituel athée ? Non sans doute. Un enfant de famille athée ne peut davantage être accompagné par une mère voilée ou un père coiffé d’une kipa. Car enfin un voyage scolaire n’est pas une sortie touristique. Le régime des libertés qui prévaut dans la société civile ne saurait donc être étendu à l’école, ni aux activités scolaires, qui concernent des élèves mineurs soumis à l’instruction obligatoire. Un voyage scolaire, c’est encore l’école, et d’ailleurs en cas d’accident c’est l’Éducation Nationale qui assure. L’obligation de réserve des enseignants, des conseillers d’éducation, doit donc valoir également pour les personnes qui sont volontaires pour accompagner des voyages scolaires. Parler de « mamans » ( pourquoi pas de « papas » ? ) c’est mettre en avant le rapport familial parent-enfant. Mais celui-ci ne vaut comme tel que pour l’enfant de l’accompagnant. Pour tous les autres, enfants-élèves, il ne saurait valoir, et la “maman” ou le “papa” n'est perçu ( e ) que comme accompagnant scolaire. C’est donc le rapport accompagnants scolaires-élèves qui est en jeu, et non le rapport enfant-maman. Recentrons nous sur la fonction remplie et le régime de droit qu’elle requiert au lieu de brouiller les pistes par une présentation compassionnelle. Cette neutralité n'a rien d'arbitraire: elle promeut le minimum de distance à soi qui conduit à respecter le droit pour d'autres personnes d'avoir des convictions différentes.

 

La laïcité se définit par une exigence et pas seulement par un droit. C'est pourquoi elle est un levier d'émancipation. Tout adulte encadrant une activité scolaire doit comprendre que l'élève n'est plus seulement l'enfant. Une deuxième vie s'ouvre à lui, qui ne nie pas la première mais la dépasse. Un élève, c'est un être qui s'élève. Mettre en avant ce qui unit plutôt que ce qui divise est alors essentiel. Toute personne volontaire pour accompagner une activité scolaire peut le comprendre sans avoir à se sentir blessée ou niée. La concorde est plus sûrement assurée par une telle retenue que par une manifestation spontanée de la religion ou de l'athéisme, surtout en présence de jeunes gens influençables. Et qu’on ne dise pas qu’en cas d'exigence de neutralité vestimentaire une seule religion serait stigmatisée, puisque la déontologie laïque proscrirait aussi bien la croix charismatique, la kipa, le voile, et le fameux tee-shirt de l’athée.

 

Finissons par l’Europe. Le pape est venu haranguer le parlement de Strasbourg. Pourquoi un tel privilège conçu par Martin Schulz ? A quand une invitation du même type à un représentant de la Franc-Maçonnerie ou de la Libre-Pensée ? En fait, il y a erreur de destination. Un parlement démocratique n'est pas un lieu de prêche, ni de propagande athée. Quant aux racines chrétiennes de l’Europe, elles relèvent d'une conception très partisane de l'histoire. Que fait-on des racines que sont l’humanisme antique, la médiation arabe qui en a sauvé l'héritage, le rationalisme des Lumières, la pensée sociale du dix-neuvième siècle, les droits humains conquis souvent contre l’Église ou malgré elle? Et qui les représente? Le souci de l’humain, au demeurant, est venu bien tardivement à l’Église institutionnelle, qui n’a pas répugné à user des deux glaives chers à Bernard de Clairvaux, canonisé par l’Église, ni à lancer l’Inquisition contre les hérétiques prétendus, les juifs ou les musulmans mal convertis, les athées ou les francs-maçons. Cette Europe-là, conjuguant les bûchers, l'index des livres interdits, l'antijudaïsme chrétien dégénéré en antisémitisme sans que l’Église proteste, ne peut guère donner la leçon.

 

Après l’Europe néolibérale qui désespère les peuples, l’Europe vaticane se pose en supplément d’âme du néolibéralisme fatalisé. Au prix de la remise en cause de l’égalité de droits entre croyants et athées. Et du remplacement de la solidarité par la charité. Par ailleurs, celles et ceux qui subissent de plein fouet la privatisation des services publics ainsi que la destruction de la fiscalité redistributive et du droit du travail, exigées par une telle Europe, ne trouveront guère de consolation dans ce cléricalisme d’un nouveau genre. Une fois encore, ce sont les plus démunis, les laissés pour compte, que l’on mystifie par de bonnes paroles qui laissent en l’état l’horreur économique. Pour eux, le supplément d’âme d’un monde sans âme est dérisoire. Beaucoup de croyants, comme naguère la philosophe Simone Weil, ont refusé que la religion serve de simple compensation et en ont appelé à une véritable politique sociale, irréductible à la charité.

 

Qui ne voit d'ailleurs que le nouveau couplage de l’ultralibéralisme et de la religion ressemble à s’y méprendre à l’idéologie propre au capitalisme sauvage du dix-neuvième siècle ? Exploitation sans frein toute la semaine, et aumône le dimanche. Ainsi l'Europe est en train de promouvoir de nouveaux privilèges pour deux religions. Celle du du Dieu-Marché et celle du catholicisme. Les européens qui ne sont fidèles ni de l'une ni de l'autre apprécieront.

 

Henri Pena Ruiz,

ancien membre de la commission Stasi sur l'application du principe de laïcité

Dernier ouvrage paru : Dictionnaire amoureux de la laïcité ( Editions Plon )

Prix de l’initiative laïque 2014 et Prix national de la laïcité 2014

 

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Suites :

http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2014/09/15/contre-les-assauts-theocratiques-suites-5447777.html

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http://laicite-moderne.blogspot.fr/search?q=Voir+l%27humain+autrement

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http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2014/12/02/lire-entre-les-lignes-5501965.html

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http://imgstore.free.fr/Jacky_au_royaume_des_filles.jpg

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http://laicite-moderne.blogspot.fr/2014/11/le-fait-laique.html

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http://laicite-moderne.blogspot.fr/2014/10/la-laicite-selon-najat-vallaud-belkacem.html

 



 

 

02/12/2014

LIRE ENTRE LES LIGNES

Edwy Plenel, Aymeric Carron, Claude Askolovitch, Manuel Valls, Gérard Miller, Dounia Bouzar, Régis Debray, Nadia Vallaud-Belkacem, islam, chrétienté, psychanalyse, Roudinesco

 

Les pourceaux d'Épicure

Je reproduis ici, sur cette page, la chronique de Michel Onfray de Décembre 2014 dont le grand mérite est de remettre les pendules à l'heure vis à vis des « procès » malveillants engagés à son encontre, régulièrement, par ses pourceaux d'Épicure

 

Michel Onfray rappelle que les observations, commentaires, affirmations venant de personnes qui se croient autorisées à donner leur avis sur la religion ( plus particulièrement l'islam ), la laïcité, l'école, la psychanalyse, en outre note que leur refus de tenir compte du comportement social de certains parmi les « grands »philosophes connus du grand public procède à la fois d'une méconnaissance ( sinon, c'est encore plus grave )des textes, mais aussi d'actes socialement inacceptables dont rend compte l'autobiographie de ces personnalités

 

En rapport avec cette chronique, pour ma part, pour reprendre une expression de Michel Onfray, '' Lire entre les lignes est l’une des modalités de l’illettrisme'' je rangerais parmi les plus connus, les plus médiatisés des « personnalités » comme : Edwy Plenel, Aymeric Carron, Claude Askolovitch, Manuel Valls, Gérard Miller, Dounia Bouzar, Régis Debray, Nadia Vallaud-Belkacem, Roudinesco, Christine Boutin et toutes autres personnalités qui se livrent, dans les « grands médias », à des commentaires en méconnaissance de cause des textes, des autobiographies, bien souvent notamment quand il s'agit de religion recèlent ou tentent de masque rune sorte de prosélytisme, le plus souvent en l'absence en face d'eux, sur les plateaux, de penseurs ou contradicteurs qualifiés - - - Crab – 02 Décembre 2014

 

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La chronique mensuelle de Michel Onfray | Décembre 2014 – N° 115

Source de la chronique :

http://mo.michelonfray.fr/chroniques/la-chronique-mensuelle-de-michel-onfray-decembre-2014-n-115/

 

LIRE ENTRE LES LIGNES -

J’ai la faiblesse de croire ce que je vois, de lire ce que je lis et de ne pas chercher midi à quatorze heures, car midi suffit à midi. Cette faiblesse est le signe d’une pathologie selon les malades qui décident du bon goût du moment et qui célèbrent l’art de lire entre les lignes.

 

Ainsi, quand je lis le Coran et que j’y vois un nombre considérable de sourates antisémites, misogynes, homophobes, belliqueuses, agressives, on me reproche d’effectuer une lecture littéraliste, comme les salafistes ajoutent les bonnes âmes, car il faudrait contextualiser le texte qui invite clairement à égorger, dépecer, massacrer, détester, couper le nez, décapiter pour lui faire dire le contraire de ce qu’il dit pourtant explicitement, il suffit de lire. Puisque les bonnes âmes ont décidé que l’islam était un religion de paix, de tolérance et d’amour, il faut bien qu’on trouve dans le texte ce qui n’y est pas. Entre les mains des idéologues, la contextualisation sert à faire dire au texte le contraire de ce qu’il dit.

 

Même chose avec Sade : le lire, et le prendre au sérieux, c’est à dire tout lire de lui, y compris ses lettres, c’est découvrir autre chose que ce que la vulgate parisienne enseigne en pontifiant. Toujours soucieuse de rébellion ( subventionnée ) et de subversion (institutionnelle), ces moutons-là annoncent que cet homme couvert de gloire, édité, exposé, glosé, commenté, étudié, célébré, enseigné, est un marginal – comme eux ! Ce faux féministe vrai phallocrate, ce faux révolutionnaire vrai féodal, ce faux sublimateur véritable délinquant, cette fausse victime vrai coupable, ce faux médecin vrai malade, ne se comprendrait qu’avec l’humour, la poésie, l’ironie, la distance, sésames avec lesquels le noir devient blanc, le bas haut, le mal bien et Hitler Jean Moulin.

 

Idem avec Freud : là encore, après avoir tout lu, et pas seulement les anthologies et leurs gloses, on découvre un Freud menteur, affabulateur, inventant des cas, prétendant les avoir guéris, compagnon de route des fascistes, avouant que la psychanalyse ne fonctionne pas, qu’elle est, selon son expression, « un blanchiment de nègres », dédicaçant élogieusement un livre à Mussolini, etc. Mais il ne faut pas dire ce que dit vraiment Freud ou ce que Freud a vraiment fait, mais ce qu’il est de bon ton de dire sur Freud, une autre vulgate créée et entretenue par les marchands du temple. Là encore, il faudrait lire entre les lignes, là où se trouve le contraire de ce qui est écrit.

 

Si l’on précise que Sartre écrivit dans une revue collaborationniste et que Beauvoir a travaillé pour Radio-Vichy, ce qui permet d’apprécier  leur talent pour créer des mythes, c’est se rendre coupable d’un péché mortel : le biographisme ! Ce sont pourtant les mêmes qui s’insurgent à l’idée de commémorer l’anniversaire de la naissance de Céline en 2014 sous prétexte qu’il a écrit Bagatelles pour un massacre. Je veux bien que la biographie compte pour rien quand il s’agit de Sartre & Beauvoir, mais alors pourquoi compte-t-elle pour tout dans les cas de Céline ou Brasillach ?

 

Cette invitation à lire entre les lignes est devenue tellement tyrannique qu’on ne lit plus les lignes ! La psychanalyse a ouvert la porte à cette lecture entre les lignes – il fallait chercher le non-dit, le latent, le caché, l’inconscient. Dès lors on n’a plus lu le dit, le réel, l’évident, le manifeste. Lire entre les lignes est l’une des modalités de l’illettrisme. Michel Onfray, déc. 2014

 

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