02/01/2011
- 0 - Islamophobie - 2011 -
Islamophobie - 2011 -
Piqûre de rappel
Le concept d'islamophobie est une invention Iranienne, notion adoptée par les islamistes et chantres du multiculturalisme en France
Soyons lucides
Que faut-il faire de plus, jour après jour, pour faire comprendre à nos compatriotes de langue et de culture française que cette religion musulmane misogyne, xénophobe et raciste ne peut que générer partout où elle est dominante la persécution des chrétiens, mais aussi des athées et des agnostiques ?
Seules font exception la Jordanie et la Syrie ou le libre exercice du culte est autorisé...
Noter au passage que la Syrie paradoxalement laïque est considérée comme un État terroriste et non l'Amérique de Busch quand elle attaque l'Irak à une époque ou régnait dans ce pays une relative laïcité
Laïcité en Irak, désormais totalement effacée par le fanatisme religieux, le fascisme vert et ses crimes contre l'humanité au quotidien, le rappel de l'actualité
Ni des Anglais qui ont laissé entrer en Europe le fascisme vert escomptant en retour la paix sur leur territoire...ils ont payé, de cette duplicité, en attentats meurtriers le prix fort...et rien ne permet de dire qu'ils en ont vraiment tiré les leçons au regard des zones de non-droit installées dans leurs villes
En Suède ils ont découvert durement ce que coute de ne pas critiquer des textes d'une autre époque que certain présentent comme '' des vérités d'aujourd'hui '' ...s'ajoute le naïf laisser faire [ notamment l'endoctrinement des enfants ]
Tout ce manque de clairvoyance n'est pas sans rappeler ceux qui dans notre pays, il n'y a pas si longtemps de cela, voyaient en khomeiny un libérateur et sont incapables encore de nos jours d'admettre publiquement qu'ils étaient dans la plus terrible des erreurs ; à la dictature du Shah est advenu une dictature civile de substitution doublée d'une dictature religieuse – ce pays est passé du pire au pire des pires...
Remarquable,
'' ces pauvres palestiniens '', '' ces pauvres musulmans '' sont entrain de vider la Cisjordanie des chrétiens et emprisonne le jeune athée Waleed Al-Husseini qui a eu l'audace de penser
En Égypte les coptes ne peuvent accéder ni aux études universitaires ni à la fonction publique résultante d'une religion qui ne peut que générer une anticulture et sa conséquence la ségrégation.
Mais l'on vous dira que cela n'a rien à voir avec l'islam !!!
Comme dans tous les pays où le concept de laïcité ne fait pas même parti du vocabulaire la négation de l'autre y est institutionnalisée...
La négation de l'altérité est le fondement, le pilier majeur, il faut le dire avec force, en s'appuyant sur les textes, de cette religion musulmane
Même dans notre pays cela va jusqu'à cette dérive sectaire, cette discrimination de réclamer des carrés musulman dans les cimetières... même là, voyez-vous, il ne ne s'agit surtout pas de laisser le défunt côtoyer un mécréant...sait-on jamais, imaginez un instant que ce dernier habitué à penser par lui-même et à s'exprimer, depuis sa tombe s'adresse à '' votre cher mort ''...risquer de le dé-convertir, comme de bien entendu...
Que voulez-vous, n'est pas superstitieux qui veut...
Redisons le, les tenanciers de cette religion xénophobe, raciste vise à séparer les gens dans notre pays et cela commence avec l'instrumentalisation de leurs enfants écoliers - soit en les retirant de la cantine où de tenter d'y obtenir la préparation d'une nourriture halal, pour très tôt, bien leur faire sentir '' qu'ils n'appartiennent pas [ comme les autres enfants ] à la race humaine ''
L'objectif par manque de lucidité * est toujours le même, faire passer pour racistes les gens qui font une critique sérieuse des textes de cette religion et de ses conséquences : Le déni de la liberté de choisir ou d'expression dont les exactions à l'encontre du différent sont plus facilement observables ou vérifiables dans les pays musulmans où domine cette anticulture
* Au siècle des lumières c'était, sous une autre formulation les mêmes procédés diffamatoires menés à l'encontre des philosophes vitalistes
N'en déplaise.... il avait fallut déchristianiser la France pour obtenir la liberté de penser pour tous les citoyens, aujourd'hui il faut dés-islamiser certains secteurs du territoire pour éviter que ne se reproduise la perte d'autonomie, sort réservé aux personnes aliénées, lobotomisées dès l'enfance par l'endoctrinement dans la religion musulmane
Cette religion est un facteur de régression partout dans le monde – la négation des valeurs qui forgent l'identité des peuples civilisés

Les chiffres parlent d'eux-même – n'existe aucune statistique à propos des incroyants et les agnostiques, ils ne peuvent que cacher leurs convictions, car pour eux ce serait la mort ou l'emprisonnement immédiat
Si cette religion est une religion de paix et de tolérance: Pourquoi ces chiffres?
Crab – 02 Janvier 2011
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2011 – L’hellénisme
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01/01/2011
- 0 - 2011 - L’hellénisme

Hellénisme
La grande dame, la liberté et la république:
hommage à Jacqueline de Romilly
Jacqueline de Romilly (1913-2010) nous a quittés le 18 décembre dernier, cette grande helléniste, haute figure de notre culture républicaine, qui a tant défendu la place de l’enseignement du grec comme porte d’accès à une culture générale dont les lettres classiques constituent un des piliers jamais démenti. On lui doit cet intérêt porté à la Grèce antique et à sa culture, non comme l’héritage d’une histoire arrêtée aux ruines d’une civilisation passée, mais comme une des clés de la compréhension du monde contemporain. Elle fut toujours animée d’une foi sans hésitation dans les valeurs universelles nées de ce berceau athénien de la démocratie où elle prenait à chaque instant sa respiration.
Lauréate du Concours général la première année où les filles pouvaient concourir puis, première femme élue au Collège de France (1973), elle devait accéder à la reconnaissance suprême de l’Académie française en en devenant membre (1988), seconde femme élue à y occuper un des sièges sacrés. Ce fut l’un des aboutissements d’un parcours exemplaire qui a fait de sa carrière de femme dans un monde d’hommes une très grande dame de notre République.
Elle ne nous parlait pas seulement de culture et d’histoire, mais de liberté !
Grande spécialiste du monde grec, c’est de liberté dont elle entendait nous parler, celle propre à cette invention émancipatrice du politique et de la citoyenneté, se synthétisant dans le gouvernement des hommes par les hommes, se fondant sur l’interchangeabilité des droits, la conscience d’un bien commun supérieur à tous les autres, l’homme mesure de toute chose. Elle n’avait de cesse d’attirer l’attention sur cet homme nouveau surgissant de l’histoire, l’homme grec : celui qui fait les lois auxquelles il obéit.
Elle luttait contre l’oubli d’un legs essentiel transmis depuis l’antiquité auquel notre modernité doit beaucoup, un oubli parfois entretenu vis-à-vis d’un vieux continent européen trop facilement identifié par certains à l’unique héritage judéo-chrétien. Elle a inscrit le travail d’une vie de transmission et de fructification d’un domaine dans le prolongement des inventeurs d’une civilisation qui a eu l’ambition de donner à l’homme la maîtrise de son destin, avec une forme de conscience qui demeure aux racines de la nôtre comme sa toile de fond.
Dans un contexte de relativisme culturel qui ne joue pas en faveur de la défense de cet acquis universel parfois incriminé hors propos d’ethnocentrisme, elle n’a cessé de rappeler que l’homme agent de son histoire est né en Grèce entre le VIIIe et le IVe siècle avant notre ère et nulle part ailleurs, comme un cadeau à destination de tous les peuples. Elle en interroge le mystère, sans cesse le secret de fabrication à travers un questionnement fondateur d’une démarche ouverte sur le sens de l’histoire : « Pourquoi la Grèce ? ».
Lorsqu’Œdipe, sous l’écriture du tragique grec Sophocle, nous dévoile le déterminisme de l’inconscient à travers la mise en scène prophétique d’un fils commettant sans le savoir ce qui apparait comme le crime suprême, l’inceste, pour mieux affirmer sa prohibition, on touche à une nouvelle humanité qui est incitée à prendre conscience d’elle-même, qui a à voir avec une nouvelle responsabilité de l’individu invité à anticiper sur les conséquences de ses actes. C’est l’émergence d’une notion de la responsabilité se référant à la loi commune, à cette capacité d’une société à savoir se corriger elle-même relativement à ce qu’elle définit comme son bien, telle que la démocratie le propose dans le gouvernement des affaires de la cité.
Freud lui-même, ce génial observateur de la complexité mentale de l’homme, ne s’y était pas trompé, en voyant au cœur de la culture grecque à travers le « complexe d’Œdipe » un des schémas explicatifs fondamentaux du développement de la personnalité et un des axiomes principaux de la psychanalyse. Certaines pulsions doivent être mises sous l’autorité de la loi et refoulées pour laisser place à l’action consciente de l’individu, c’est la condition de sa liberté, comme une nouvelle condition de l’homme s’émancipant à la fois des archaïsmes de l’instinct et d’une forme passée du religieux où la divinisation de la nature dominait la pensée. C’est le passage réussi de l’homme d’un temps biologique au temps psychologique. Il en découlera une démarche intellectuelle, philosophique, culturelle et scientifique qui donnera à la raison ses lettres de noblesse, d’Homère à Eschyle, de Sappho à Aristote.
La culture grecque : l’égalité et la raison bien de l’humanité.
Dès l’Iliade, on voit l’égalité commencer à s’imposer comme nouvelle valeur collective. Agamemnon est le roi suprême à la tête de l’expédition de Troie pour reprendre la Belle Hélène, qui est l’épouse de son frère Ménélas, à Pâris qui l’a enlevée. Il croit bon, en raison de sa position royale qu’il pense au-dessus du commun, de prendre à Achille Briséis, sa concubine, pour son bon plaisir et déclenche ainsi la colère du héros qui se retire de la bataille, thème principal de l’Epopée. Agamemnon sera en définitive contraint de la lui rendre, de renoncer à sa démesure face au risque de perdre la guerre et la face si Achille ne revient pas au combat, jusqu’à même devoir publiquement se déjuger, sous la pression de son camp avec le soutien des dieux. Agamemnon doit, comme tout autre, se soumettre à la loi commune qui rejette la démesure, fut-elle celle d’un grand roi, face à l’intérêt commun. S’imposait en reflet dans la société d’alors l’effacement de la royauté à la faveur d’une aristocratie des égaux, l’indication d’un nouveau chemin. C’était le début d’une nouvelle histoire de l’homme qui fera passer, non sans crises sociales animées par la revendication de l’élargissement de cette égalité à tous, le pouvoir des mains des rois dans celles des peuples.
Comment ne pas voir une révolution en marche à travers cette comédie d’Aristophane, Lysistrata, où pour la première fois les femmes, par-delà l’exclusion de la citoyenneté dont elles furent victimes dans la cité, se voient donné tout le pouvoir par la mise en scène d’une grève du sexe qu’elles opposent aux hommes afin de les contraindre à arrêter de se faire la guerre. Dans une œuvre artistique, un pouvoir leur était alors conféré sur la destinée collective, sans précédent dans l’histoire, qui augurait de futures transformations dans la réalité retentissantes concernant les rapports hommes-femmes… L’égalité entre les sexes ne put sans aucun doute jamais être posée, sans cette révolution de la pensée grecque.
Jacqueline de Romilly avait ô combien raison de nous ramener ainsi vers la Grèce antique, qui inventa la démocratie mais aussi le théâtre avec sa tragédie et sa comédie, le droit public et l’alphabet à l’origine du nôtre, la philosophie sous les traits de la raison, l’art comme expression de l’artiste et non du magico-religieux, la justice collective avec ses jurys populaires qui faisait sortir les hommes de la logique brutale d’« œil pour œil, dent pour dent ».
La modernité républicaine prend source à la pensée de Périclès
Rendre hommage à cette grande dame, c’est d’abord et avant tout poursuivre l’œuvre engagée, de défense et de diffusion de l’hellénisme, une forme de pensée et de culture dérivant d’un tournant radical dans l’histoire : la civilisation grecque comme nouveau point de départ, comme nouveau paradigme d’un temps qui s’écoule jusqu’à nous et au-delà.
La mètis des grecs (les ruses de l’intelligence) nous en offre certaines des plus belles manifestations : De l’ingénieux Ulysse, crevant l’œil du cyclope pour retrouver sa liberté tout en se rendant invisible à sa vengeance à se donner comme nom « Personne » plutôt que de se dire roi d’Ithaque, indiquant par là une désacralisation de la fonction royale, à celui du piège du cheval de Troie, offrande faite à l’ennemi qui va par démesure l’accepter pour qu’elle le détruise, comme la métaphore de la nouvelle place donnée au passé avec lequel il s’opère une rupture sans retour simultanément qu’il en est pris possession à travers une nouvelle forme de conscience du temps, tout nous montre ici que la modernité des anciens a encore et encore à nous en apprendre pour aller plus loin de l’avant.
La pensée grecque a inspiré les humanistes de la renaissance, irrigué la pensée des Lumières et la Révolution française, les grands principes sur lesquels se fonde notre modernité républicaine. Un de ces bouleversements de la réalité porteurs de changements dans la façon même de poser les problèmes.
Jacqueline de Romilly a fait sa thèse de doctorat sur « Thucydide et l’impérialisme athénien », sur celui qui fut le premier historien de l’histoire après les prémices d’Hérodote, il n’y a là aucun hasard. La plus belle des références à lui faire est sans doute cette Oraison funèbre prononcée par Périclès, s’il faut en croire Thucydide précisément qui la rapporte dans son récit prenant pour objet « La guerre du Péloponnèse », qui nous donne toute la hauteur de cette culture en héritage : « Notre régime politique ne se propose pas pour modèle les lois d’autrui, et nous sommes nous-mêmes des exemples plutôt que des imitateurs. Pour le nom, comme les choses dépendent non pas du petit nombre mais de la majorité, c’est une démocratie. S’agit-il de ce qui revient à chacun ? La loi, elle, fait à tous, pour leurs différents privés, la part égale, tandis que pour les titres, si l’on se distingue en quelque domaine, ce n’est pas l’appartenance à une catégorie, mais le mérite, qui vous fait accéder aux honneurs. (…) Nous pratiquons la liberté non seulement dans notre conduite d’ordre politique, mais pour tout ce qui est suspicion réciproque dans la vie quotidienne ; nous n’avons pas de colère envers notre prochain, s’il agit à sa fantaisie, et nous ne recourons pas à des vexations qui, même sans causer de dommages, se présentent au dehors comme blessante.” (« Les plus beaux textes d’Homère à Origène », sous la direction de Jacqueline de Romilly, de l’Académie française, Danielle Jouanna, Simina Noïca, Bayard, Les Belles Lettres, 2003). Cette évocation de la démocratie et cette fine psychologie qui s’attache au respect des sentiments humains sont révélatrices d’acquisitions mentales qui ont, à cet endroit, éclatées au grand jour et valent pour nous, sur le mode intemporel.
Voilà des idées propres à une démarche emprunte d’humanité, que Jacqueline de Romilly n’a cessé de porter, pour tenter qu’elles ne puissent échapper au moindre des citoyens. Un sens de l’humanité sorti de l’histoire dont les valeurs et les idées sont toujours dans l’actualité, surtout si on a à l’esprit les remises en cause actuelles des valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, au nom du droit à la différence confinant à la différence des droits, du communautarisme encouragé par le clientélisme politique, d’un retour radical du religieux et du patriarcat déniant aux femmes qu’elles puissent être les égales de l’homme ! Précisément, la conquête de l’égalité des droits entre les sexes ne fit pas l’économie, en regard de la tradition et de la religion, de hautes luttes pour s’imposer, passant par des exemples de femmes comme Jacqueline de Romilly qui, sans en avoir l’air et sans s’en être réclamée, sans en faire non plus le combat d’un genre contre un autre, a voulu œuvrer simplement au nom du bien de tous.
Une grande dame, symbole républicain d’émancipation : après l’Académie, le Panthéon !
L’égalité républicaine incluant les femmes a pu et su ainsi synthétiser, la modernité grecque qui les excluait du politique, l’histoire avançant souvent d’un pas à la fois, avec les avancées contemporaines des libertés individuelles, des libertés publiques, de la démocratie et de la laïcité portant l’intérêt général au dessus des différences et des religions, avec aussi la dimension sociale de la République jouant un rôle si essentiel en faveur de la solidarité de la nation. L’émancipation des femmes, ce mouvement révolutionnaire qui constitue à part entière une histoire dans l’histoire qui a encore bien du champ devant elle à l’échelle de notre planète, a été et reste porteuse d’émancipation pour toute la société, pour toute l’humanité, à quoi a formidablement contribué à sa façon, la « grande dame » dont nous parlons.
Gardons de Jacqueline de Romilly ces quelques mots en ouverture d’un petit ouvrage de poche qu’elle écrivit « la Grèce antique à la découverte de la liberté » (Editions de Fallois, 1989) pour faire partager sa passion de l’hellénisme : « L’idée de la liberté nous vient de Grèce, où elle a été découverte et proclamée avec force, pour la première fois et de façon durable. » Des lignes qu’on ne se lasse pas de relire, écrites d’une main ferme et d’une pensée qui voit loin, qui font partie de notre patrimoine commun le plus vivant. Elle pourrait mériter le Panthéon. - Guylain Chevrier, Docteur en histoire -
Source - http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/l-...
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31/12/2010
- 0 - LAÏCITÉ - Le chantier 2011
Laïcité
Entretien avec le philosophe Henri Pena-Ruiz
« Justice sociale et laïcité sont indissociables »
Henri Pena-Ruiz fut membre de la commission Stasi sur la laïcité dans la République.
La laïcité reste, pour lui, un combat d’actualité intimement lié à l’émancipation.
Comment expliquer que
la laïcité revienne
si régulièrement dans
les débats français ?
Henri Pena-Ruiz Actuellement, il existe une stratégie des anti-laïcs qui consiste à dire que la laïcité est une réalité propre à la France, un « particularisme » qu’ils veulent supprimer. Les mêmes ont inventé les notions de « laïcité ouverte » ou « positive ». Celles-ci n’ont aucun sens sinon celui d’un rejet hypocrite de la laïcité. Parle-t-on de justice sociale ouverte ou de droits de l’homme ouverts ? En réalité la laïcité, sans adjectif, peut intéresser toute l’Europe. En Espagne, par exemple, les laïcs dénoncent l’octroi de fonds publics à l’Église alors que les services publics, communs aux croyants, aux athées, et aux agnostiques, sont maltraités. La laïcité n’est pas « française » par essence, mais de portée universelle. Dit-on que les droits de l’homme sont français, l’habeas corpus anglais ou la pénicilline écossaise ? Il est vrai que la France reste l’un des pays qui a séparé le plus nettement l’État de l’Église. La laïcité appelle une stricte égalité de traitement entre les croyants, les athées et les agnostiques ; il n’y a donc pas de raison de créer des privilèges publics pour la religion, pas plus que pour l’athéisme.
Qu’en est-il du débat sur la pratique des cultes ?
Henri Pena-Ruiz. Il convient d’abord d’éviter toute confusion entre immigrés et croyants pratiquants. L’immigration maghrébine et turque en France est faite de travailleurs qui contribuent à produire la richesse du pays. Ils méritent donc exactement les mêmes droits que les travailleurs français. Parmi ces immigrés, certains seulement se reconnaissent dans l’islam. Il y a environ 5 millions de personnes issues de l’immigration maghrébine et turque. Il y aurait parmi eux 15 % de pratiquants, c’est-à-dire qui se rendent à la mosquée, et 85 % de personnes qui ne sont pas musulmanes ou qui, si elles le sont, appliquent les principes religieux dans leur vie quotidienne sans rien exiger de plus. En revanche, ces personnes attendent de la République qu’elle joue son rôle social, et soit donc présente dans les grands services publics d’éducation, de culture, de santé. Il faut éviter l’erreur de croire que, pour mettre à égalité les citoyens musulmans avec les catholiques, il faudrait construire des mosquées grâce aux fonds publics. La justice sociale consiste à s’occuper d’abord de ce qui est commun à tous les hommes : l’accès aisé à la culture, à la santé, à l’éducation, à un logement décent. La gauche n’a pas à se soucier des 15 % de personnes croyantes pratiquantes, mais des 100 % de personnes qui aspirent à ce qui importe à tous. Ce n’est pas le rôle d’un État laïc de construire des mosquées ou des églises, mais c’est son rôle de faire des écoles publiques, des hôpitaux publics, des logements sociaux accessibles à tous. D’ailleurs il s’est construit 2 400 salles de prière ces dernières années : c’est désormais une légende de considérer que les citoyens de confession musulmane prient dans des caves. À Paris, il existe des mosquées vides, alors que des personnes prétendent prier dans la rue, à l’appel de responsables religieux salafistes. Il est clair ici que la religion n’est qu’un prétexte à une démonstration de défi à l’égard des lois de la République laïque. Il ne faut pas se tromper de combat. La religion n’est pas un service public, et elle est dans certains cas instrumentalisée contre les droits des femmes, contre la culture, contre la libre disposition de soi. La gauche ne doit pas laisser la défense de la laïcité à la droite, qui d’ailleurs l’a copieusement bafouée en subventionnant les écoles privées religieuses alors qu’elle ne cessait d’aggraver les conditions matérielles de l’école publique par des milliers de suppressions de postes. La boussole, en la matière, est simple : tout l’argent public pour les services publics, qui sont universels, donc communs aux croyants et aux athées. Justice sociale et laïcité sont indissociables : il y a des vases communicants. Un rappel. Au moment où Jean Jaurès préparait la loi de séparation de l’État et des églises, il pensait déjà aux retraites ouvrières. L’argent qui ne va plus aux cultes peut désormais être consacré à l’intérêt général. Les retraites ouvrières sont communes aux croyants et aux athées. Aujourd’hui c’est l’inverse : l’État se prétend trop pauvre pour assurer ces retraites, mais il se découvre assez riche pour financer des religions qui n’engagent que les croyants…
Pourquoi de telles idées sont-elles masquées par des faux-semblants ?
Henri Pena-Ruiz. Les responsables politiques doivent avoir le courage de dire que la religion n’engage que les croyants. Lorsqu’un croyant va à l’hôpital, il doit être soigné gratuitement au lieu de payer ses soins chaque fois plus cher du fait de la logique des dépassements d’honoraires et des franchises médicales, qui a introduit une médecine à deux vitesses. Ainsi, il fait des économies sur les soins et peut plus aisément se cotiser avec d’autres croyants s’il veut financer son culte, dans la sphère privée. On rend un très mauvais service à la population issue de l’immigration maghrébine ou turque en l’amalgamant aux religieux qui défient la République laïque. La laïcité, l’égalité des sexes, le droit aux études et au savoir ne doivent pas être entravés par des traditions rétrogrades. Il faut lutter résolument contre les discriminations sociales qui frappent certaines populations. Mais ce n’est pas une raison pour entrer dans le jeu de chefs religieux intolérants qui ne représentent qu’eux-mêmes en leur prêtant une attention particulière.
C’est donc aussi la question de l’émancipation qui est posée par la laïcité ?
Henri Pena-Ruiz. L’émancipation est l’idée que les êtres humains ne doivent pas vivre sous tutelle. Avec la laïcité, une telle idée s’affirme. Si on laisse des populations entières entre les mains de salafistes qui sont porteurs de régression sociale et d’inégalité entre les sexes, on ne joue pas le jeu de l’émancipation. Dire que la République est laïque signifie qu’elle est liée à l’ensemble du peuple et pas à la partie qui croit en Dieu. Dire qu’elle est sociale signifie qu’elle doit jouer son rôle en matière de services publics et de droits sociaux.
En quoi l’intégrisme religieux est-il le complice de la dérégulation libérale ?
Henri Pena-Ruiz. Non sans hasard, il existe un couplage saisissant entre, d’une part, une mondialisation ultralibérale qui détruit les droits des travailleurs et, d’autre part, la résurgence de la compensation religieuse. Il n’y a pas si longtemps, Margaret Thatcher a brisé la dernière grande grève des mineurs britanniques, a privatisé les services publics comme le rail, et détruit les conquêtes sociales. Elle a par ailleurs encouragé les confessions religieuses à prendre le relais de l’État social défaillant, et ce sur un mode caritatif. Si la charité part d’un bon sentiment, elle ne peut tenir lieu de politique sociale, ni de solidarité redistributive.
Entretien réalisé par Lina Sankari - 29 Décembre 2010 -
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L'avertissement
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Le défi lancé à l'interdit
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BILAN 2010
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L'ÉCOLE et la PHILOSOPHIE
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HYPATIA
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Partita N°1
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29/12/2010
- 00 - L'avertissement
L'AVERTISSEMENT

William-Adolphe-Bouguereau
1825-1905
La jeunesse de Bacchus -1884
Liminaire
Dans la mythologie grecque, Dionysos ( en grec ancien Διώνυσος / Diốnysos ou Διόνυσος / Diónysos ) est le dieu des jonctions des opposés et des ambiguïtés ( mort-vie, homme-femme, vigne, vin et ses excès-lierre soporifique, dieu souterrain-dieu solaire, dieu étranger, barbare-dieu grec quasi maître de l’Olympe )
Source ; '' La bouquinerie des ouvrages introuvable – Histoire du monde - ''
Dionysos- '' le différent ''
Né de la cuisse de Jupiter * 1 [ Zeus ] ; De Dionysos, n'en déplaise à tous ses pourceaux d'Épicure accrocs à la plus totalitaire des têtes de l'hydre monothéiste, nous savons depuis longtemps qu'ils sont fous comme le devint Lycurgue, aussi comme les marins tyrrhéniens esclavagistes en partance pour l'île de Naxos ils devront sauter par dessus bord car malgré eux, aujourd'hui encore, Dionysos fait toujours chanter les flutes, vitaliste, mort aussitôt ressuscité il reste et restera le symbole majeur dérangeant, décourageant les tentatives d'installer ou d'institutionnaliser la rumeur,indissociable de l'esprit de la fête, fondateur de la culture...de notre culture - en ce sens, démocrate et républicain
La figure la plus ancienne de Dionysos est Zagreus qui a pour origine la Crète - C'est de '' sa terre d'élection '' qu'en toute logique, sorte d'hommage rendu à ce mythe porteur de toutes les joies, que fut rédigé un texte fondamental, un remarquable traité de droit fondement du principe de l'égalité entre hommes-femmes gravé sur un mur de Gortyne, au début du Ve siècle, mais dont les prescriptions remontent, pour l'essentiel, aux VIIe et VIe siècles avant notre ère
http://laiciteetsociete.hautetfort.com/crete/
Un des grandes caractéristiques de Dionysos est la résurrection
La légende raconte qu'il est le fils de Zeus et de Perséphone, déesse des enfers. Pour échapper à la jalousie d’Héra, Zagreus avatar du Dionysos mystique [ deux fois né ], se change successivement en chèvre, en lion, en cheval, en serpent, en tigre et en taureau
Ce n'est pas sans rappeler les précautions oratoires ou graphiques, pour déconstruire l'absolutisme, dont l'art de la fable, dans tous les domaines de l'expression artistique le recours aux figures mythiques de l'antiquité que prirent les athées, agnostiques ou anticléricaux en Europe durant des siècles.... afin d'échapper à lasauvage répression organisée durant les époques où la chrétienté s'était imposée non par la foi mais par la force des lois aux peuplespar des religieux inquisiteurs
La résurrection de Dionysos est liée à la renaissance de la vie et de la nature notamment par le rythme des saisons
L'anticulture
''...dire la réalité des textes serait faire tord aux musulmans, sous le prétexte que la majorité d'entre-eux seraient des républicains...sans doute comme il y a des marxistes qui ne croient plus à la lutte des classes, des chrétiens qui ne croient plus au paradis, des freudiens qui ne croient pas à l'inconscient où beaucoup de gens qui prennent un tas de liberté avec les textes et les dogmes
Donc s'il s'agit pour les musulmans de prendre toutes les libertés avec de vieux textes, dans ce casqu'ils cessentd'en faire des vérités d'aujourd'hui...'' - Dixit,Michel Onfray
...car sont trop nombreux ceux qui encore aujourd'hui n'hésitent pas où n'hésiteraient pas à se faire tuer ou à tuer au nom de l'islam
Mettre fin aux faux semblants !
La loi insuffisante sur les voiles d'une part, néanmoins d'autre part un peu contrebalancé par l'interdiction bien pensée de la burqa sont des signes qui ne doivent pas faire négliger que l'islam est un grave problème et qu'il nous faut le traiter sans délais – en faire un chantier parmi les plus important en 2011
Faire référence à l'histoire riche et complexe de Dionysos, probablement le principal pilier de notre culture...contre pouvoir à l'hydre monothéiste, c 'est parce que nous refusons le déni d'identité et de l'altérité
Exposer sur la place publique la nature réelle de l'islam, cette religion antirépublicaine, en prenant à témoin les propos tenus par les chantres de l'anticulture, comble de la malhonnêteté intellectuelle, revient à faire des démocrates des étrangers dérangeants dans leur propre pays
L'incapacité à comprendre que notre identité nationale est attachée à l'idée de liberté est le fait des nouveaux Stalinien [ et en pire car les stalinien fichaient la paix aux femmes ]... ces chantres du multiculturalisme se comporteront toujours en ennemi du juste combat que l'on doit conduire à l'encontre de la plus xénophobe ou raciste des têtes de l'hydre monothéiste
On ne tue pas l'identité de l'autre; bien, dans ce cas, si ces mots ont un sens...
Notre société de Droit combat le racisme...?
Alors
Pourquoi les associations dites antiracistes n'exigent pas de faire figurer en préface du coran, de la vie du prophète ou les hadiths, l'avertissement suivant?
AVERTISSEMENT
Ces vieux textes datés d'une époques révolues sont antirépublicain, et n'ont d'autre intérêt qu'historique
Écrits et publiés à notre époque les auteurs de ces manifestes seraient très justement accusés de tuer l'altérité de l'autre, de lui interdire d'être, seraient immédiatement qualifiés de démocratiquophobes, de populistes, mis au ban de la société, rapidement poursuivi devant nos Tribunaux - et ce ne serait que justice lourdement condamnés
Sachez jeunes lecteurs et lectrices que l'islam est un problème majeur qu'il vous faudra traiter sans faire de concession
Quand vous aurez lu le Coran, la vie du Prophète ou les hadiths, vous observerez qu'on est pas du tout dans une logique républicaine, mais misogyne, phallocrate
On est pas non plus dans une logique cosmopolite, on est dans l'antisémitisme. On est dans la haine de l'étranger, ni dans une logique pacifiste, on défend la peine de mort, on défend l'égorgement des infidèles
L'islam n'est pas une religion de paix, de tolérance et d'amour
Dans l'islam, les communautés religieuses sont intrinsèquement intolérantes. Elles ne supportent pas que leur dieu et le dieu du voisin n'est pas le bon dieu
Le Coran, c'est la parole du Prophète, dont on prélève pas ce qui nous plait ou nous plait pas, un absolutisme qui interdit tout débat d'idée
Nous, BHL, D Sopo, M Aounit, D Wolton, H Désir * 2 [et quelques autres] nous demandons au nom de 1789 à nos irénarquessoucieux de mettre fin à toutes les tentatives destinées à nier la faculté pour toute personne de façonner son identité, de vivre selon sa singularité,d'exiger que cet avertissement préface toutes nouvelles publications de l'islam dontles logiques antidémocratique, antirépublicainesont parfaitement établies après l'examen et la critique de leurs textes
Signatures
... n'y comptez pas... ils n'y pensent pas ...
C'est tellement plus intelligent de faire accroire cette idée que tous les arabes et une bonne partie des nègres sont des croyants, surtout des musulmans, d'en faire à longueur d'année des victimes?
Mais dites-nous, victimes de qui ?
Victimes de citoyens républicains de langue et de culture française...désormais devenus étrangers dans leur propre pays, c'est cela, n'est-ce pas ?
Cessons de nous leurrer en acceptant ce discours simplet qui consiste à dire que la civilisation islamique ne se réduit pas au coran, à la sharia ni à la traite des esclaves depuis plus de quinze siècles - traite qui à ce jour n'a toujours pas cessée dans la plupart des pays islamiques
Qu'est-ce que la poétesse WALLÂDA de Cordoue à avoir avec l'islam ? RIEN...
C'est comme si l'on vous disait que des philosophes vitalistes comme Richard DAWKINS, Élisabeth BADINTER ou Michel ONFRAY représentent la civilisation chrétienne... En rire, cela ne suffit plus, désormais il faut agir, faire car nos actes sont la cause de notre avenir
Le moyen le plus efficace de combattre cette anticulture, c'est de contrer chaque publication, chaque paroles publiques par la critique la plus fine
Par ailleurs exiger que l'argent public ne soit soit détourné pour réaliser des lieux de cultes...pour justement le reverser à la culture
Ceux qui vous traiteront d'islamophobe, riez leur au nez – textes en mains vous les laisserez toujours sans voix – car dans leurs bouches '' islamophobes '' est une insulte qu'ils vous adressent faute pour eux de pouvoir démontrer que vous ne vous appuyez pas sur les textes pour dénoncer l'anticulture islamique
Ces négationnistes ou inconscients s'imaginent qu'il suffit de traiter '' d'islamophobe '' ceux qui ont fait l'effort de lire, de travailler beaucoup sur ce que disent ou signifient les textes – ils vont devoir déchanter...
Vraiment très important
D'exiger de la télévision publique qu'elle respecte la laïcité le dimanche matin
De réserver une matinée maitrisée par les philosophes vitalistes comme la possibilité en est offerte depuis plusieurs années aux chantres [ religions ] des philosophies matérialistes de la volonté de domination
Il est inacceptable en démocratie qu'une des deux traditions majeures de notre pays soit occultée par les chaines publiques qui n'existent qu'essentiellement par la redevance payée par tous les contribuables sans distinction - par les incroyants, agnostiques ou croyants
C'est même un scandale, auquel il faut mettre fin...
Mieux encore imaginez une télévision publique qui consacreraient, chaque fin de semaine une matinée le samedi ou le dimanche : une matinée ; Sciences, créativité et innovations technologiques, sur une autre une matinée; les philosophes, vitalistes et sur une autre [ déjà en service ] les religions
Quels sont ceux,
qui s'arrogent le droit de privilégier en exclusivité '' le monde de l'irrationnel '' ?
Citation: La laïcité appelle une stricte égalité de traitement entre les croyants, les athées et les agnostiques ; il n’y a donc pas de raison de créer des privilèges publics pour la religion, pas plus que pour l’athéisme - Henri Pena-Ruiz
Crab – 29 Décembre 2010 -
* 1 Au passage signaler la remarquable intuition des grecs qui avaient fait de Zeus [ Jupiter ] le dieux de tous les dieux...nous savons que sans la présence dans le système solaire de Jupiter il n'y aurait pas à la place quelle occupe la terre et par conséquent sans cela ne serait pas apparut la vie –Dixit, André Brahic
* 2 Que des d'hommes, dont les noms me sont immédiatement venus à l'esprit...? ? ? ?
Notes
La passion de l’hellénisme : « L’idée de la liberté nous vient de Grèce, où elle a été découverte et proclamée avec force, pour la première fois et de façon durable. » Des lignes qu’on ne se lasse pas de relire, écrites d’une main ferme et d’une pensée qui voit loin, qui font partie de notre patrimoine commun le plus vivant. Elle pourrait mériter le Panthéon. [ Jacqueline de Romilly « la Grèce antique à la découverte de la liberté » Editions de Fallois, 1989 ]
Note
Vidéo
Le droit de regarder
Immigration et identité nationale
http://www.youtube.com/watch?v=_Z6LNjyVwH0&feature=related
Suite
http://laiciteetsociete.hautetfort.com/arabe-et-athee/
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27/12/2010
Le défi lancé à l'interdit
LES RACINES DE NOTRE CULTURE
L'Enlèvement de Psyché, par William Bouguereau

LES RACINES DE NOTRE CULTURE
Nous n'avons pas besoin comme le prétendent les chantres du communautarismes ou de l'anticulture de nous interroger sur notre identité car nous n'imaginons pas un seul instant l'avoir perdue
Nous savons parfaitement que notre identité c'est notre Culture, résultante de la multiplicité des choix, la langue acquise par l'intimité que nous avons avec la sagesse antique des grecs, les héritiers de la poésie, de la philosophe vitaliste, de la tragédie, de toutes les légendes de la pensée, transmises de générations en générations
….Culmine, illumine notre imaginaire l'aventure de Psyché et sa relation avec Cupidon...symbolique histoire initiée par un grec - racontée par le Romain APULÉE
En cela...
Le défi lancé à l'interdit
Avertissement
En caractère noirs le texte original
Liminaire
Comment le clan s'exonère de sa responsabilité en invoquant ou se pliant '' à la volonté '' d'une imaginaire divinité parvient momentanément à causer de la crainte, à faire culpabiliser et durant un temps encore entraver la marche de Psyché vers l'autonomie?
Extrait
[…/...]
On para la jeune fille comme pour ses funérailles et on la mena sur la colline. Psyché seule gardait tout son courage.
« C'est beaucoup plus tôt que vous auriez dû pleurer sur moi, à cause de cette beauté qui m'a valu la jalousie du ciel. Partez maintenant, et sachez que je suis heureuse d'en voir venir la fin. »
[…/...]
Seulement voilà !
N'avait-elle pas dit : « C'est beaucoup plus tôt que vous auriez dû pleurer sur moi, à cause de cette beauté qui m'a valu la jalousie du ciel.Partez maintenant, et sachez que je suis heureuse d'en voir venir la fin »
Le clan avait foi dans cette lâche idée que la beauté [ penser ] de Psyché était un crime au regard du ciel - le clan apeuré s'était donc empressé de se prosterner devant une imaginaire '' volonté divine qui leur demandait de sacrifier une de leur fille ''
Hors valider cette opinion dont la populace s'était éprise, c'était admettre une séparation arbitraire; en effet il ne peut y avoir de Psyché sans Éros [ Cupidon ] – la division étant une invention, un principe que les chrétiens et les musulmans reprendront à leur compte pour construire leurs religions et bricoler leurs propres '' valeurs culpabilisantes '' pour tenter, sans y parvenir, d'interdire l'expression de toute philosophie vitaliste
Psyché est d'un tout autre état d'esprit, elle n'est pas superstitieuse comme le clan, je pourrais dire qu'elle est différente, pragmatique, une athée, une étrangère parmi '' les siens ''
Sur la collineelle seule avait sut garder tout son courage et accepté dignement l'idée qu'il pouvait y avoir une fin, que c'était mieux pour elle et non de continuer à subir, étouffée, objet et non sujet, de demeurer captive au sein de populations superstitieuses, refusant d'admettre que l'humain [ l'homme ], variation de l'animal est au centre de la connaissance
Un monde asphyxier et oppressant plongé jours et nuits dans l'irrationnel
Comment s'exerce la pression du clan ?
Extrait
[…/...]
Le lendemain, portées par Zéphyre, les deux sœurs entrèrent dans le palais et en virent tous les trésors; attablées devant le somptueux banquet, elles entendirent la merveilleuse musique. Une amère envie s'empara d'elles ainsi que la curiosité.
[…/...]
... et bientôt les deux méchantes femmes arrivèrent, leur complot soigneusement mis au point. Elles se doutaient que leur sœur n'avait jamais vu son époux ne pouvant le décrire lorsqu'elles lui avaient demandé. Elles ne dirent rien mais lui reprochèrent de dissimuler sa désolante condition. Elles avaient appris, ajoutèrent-elles, que son mari n'était pas du tout un homme mais bien l'affreux serpent annoncé par l'oracle d'Apollon. Il se montrait doux pour l'instant, mais une nuit viendrait où il se jetterait sur elle pour la dévorer.
Psyché sentait la terreur l'envahir. Elle s'était demandé si souvent pourquoi il ne lui permettait pas de le voir. Misérable à l'excès, troublée, balbutiante, elle laissa entendre à ses sœurs que son mari ne l'avait rejointe que dans l'obscurité la plus profonde.
«Il doit bien y avoir quelque chose d'horrible en lui pour qu'il craigne ainsi la lumière du jour», dit-elle en sanglotant, et elle les pria de lui donner un conseil.
Elles lui conseillèrent de cacher un couteau bien effilé et une lampe à côté de son lit puis quand son mari serait profondément endormi d'allumer la lampe et de plonger vivement le couteau dans la forme affreuse que la lueur de la lampe lui révélerait certainement.
Fin de l'extrait
À propos de la réaction de Cupidon
[…./....]
Extrait
[…/...]
Quand enfin il s'endormit, elle rassembla son courage et alluma la lampe. Sur la pointe des pieds, élevant la lampe, elle regarda celui qui était étendu. Oh, de quel soulagement et de quelle extase son cœur fut rempli ! La lueur éclairait la plus belle des créatures. Envahie par la honte de sa folie et de son manque de confiance, elle tomba à genoux et s'il n'était tombé de ses mains tremblantes, elle aurait plongé le couteau dans son propre sein. Mais tandis qu'elle se penchait, incapable de se refuser la joie de contempler tant de beauté, une goutte d'huile brûlante tomba de la lampe sur l'épaule du bel endormi. Il s'éveilla en sursaut, vit la lumière et la déloyauté de Psyché; sans un mot, il s'enfuit.
[…/...]
« L'amour ne peut vivre sans confiance » , et sur ces derniers mots, il la quitta.
Fin de l'extrait
Oui - mais,
Cette réaction donne toute la mesure de ce qui pourrait paraître ambiguë...ce n'est pas en vérité '' le manque de confiance à l'autre '', Cupidon [ Éros ] n'était pas '' une chose '' extérieure à elle, il est une partie de son entendement, Psyché à ce moment de sa vie est encore sous l'emprise de la pression idéologique qu'exerce le clan, mentalement marquée par le défendu d'être elle-même, de vivre selon sa singularité : L'INTERDIT
'' Voilà la chanson gentille '', qu'Offenbach [ '' - les contes d' - '' ] fait chanter par Olympia s'éveillant à la vie, le corps libre aussi vrai, aussi nu que la vérité incontesté
ICI
Ce n'est pas sans rappeler, à notre époque, qu'en Inde hindouistes et musulmans vivent dans des quartiers aux cloisons étanches, parfaitement séparés sans le moindre contact d'une communauté à l'autre, ne formeront jamais dans cette condition un peuple susceptible de placer le rêve au centre des relations sociétales mais n'ont pour toute destination que de faire éprouver l'enfer à ceux d'entre-eux attirés l'un vers l'autre dans le cas de rencontres fortuites car quelque part se trouve toujours une porte mal refermée – plane sur leurs têtes [ saines ] la sentence du clan ... pouvant aller jusqu'au crime d'honneur...
[…./....]
Vénus avait verrouillé les portes, mais il restait les fenêtres. Rien de plus aisé pour Cupidon que de s'envoler et de se mettre à la recherche de sa femme. En un instant, il enleva le sommeil des yeux de Psyché pour le remettre dans la boîte. Puis il réveilla sa femme en la piquant légèrement de la pointe d'une de ses flèches; il la gronda un peu pour sa curiosité, il lui dit de porter à sa mère la boîte de Proserpine et enfin lui affirma que tout se passerait bien désormais.
[…/...]
Fin de l'extrait
Le sens de la fable
Montre que dans les sociétés où domine l'hydre monothéiste [ monde de la pensée unique, totalitaire ] la femme est toujours un enjeu principal pour le clan
La conscience assujettie dans un système [ souvent aggravé d'un code '' social '' infâme, impératif ], aliénée, animée d'un sentiment de culpabilité n'en est que mieux maintenue sous l'emprise du clan
Le clan ici s'identifie, se manifeste essentiellement par la présence et les manipulations entreprises à son encontre par les deux sœurs de Psyché... avec '' l'aide de la divinité '' illustre les barrières qu'oppose le clan à la liberté d'être soi, surtout quand il s'agit d'une femme
Vénus symbolise la jalousie , révélateur de l'état d'esprit, de la véritable nature du clan qui ne sait qu'interdire ce qu'il ne comprend plus ni ne peut admettre – qu'une des leurs soit différente – la beauté de Psyché [ ou la belle femme, c'est à dire la pensée ] lui est insupportable
Psyché est le symbole fort de l'entendement commun à chaque femme susceptible de mettre fin à sa captivité, de la volonté puissante, vitaliste de sortir de la cage, de conduire enfin sa vie sans se référer à l'expérience d'autres
Psyché libérée peut enfin vivre sa singularité, c'est bien là le sens véritable de cette si peu virtuelle fable– L'histoire d'une femme heureuse, ravie de vivre loin du clan, sous d'autres cieux embellie par l'excellence des joiesqui lui sont offertes, s'adresse aux autres femmes, femmes refusant de plier sous le joug clanique pour ne pas devenir une caricature de femme
Poétique aventure de l'esprit, de la vie de la conscience;nous démocrates, nous sommes tous redevables, en nous noustrouverons , par ce lien spirituel qui nous unis,toujours l'énergieessentielle pour combattre les idéologies de l'anticulture [ l'hydre monothéiste ] et sa culminante prônant l'interdiction de l'apostasie pour la plus sectaire de toutes
Parce que nous savonsqu'une femme est autre qu'une momie affublée de son linceul mortifère tout juste bonne pour la reproduction et la croissance démographique du clan et de rappelerpar notre enjouement, aussi par malignité autant que par magnanimité l'heure des barcarolles, bouillonnant de chants qu'octroiele sens de la fête , l'amour, la mort, l'art,interprétés avec authenticitépour qu'a la fin il reste l'Art
...mondes de l'anticulture...je le crains ils n'y pensent pas...
En 2011, il sera indispensable, vital de reprendre, d'actualiser la critique radicale de tous les sectarismes colportés depuis l' Orient [ religions ] par l'hydre monothéiste comme autant de rumeurs, en se référent exclusivement aux textes, dont les contenus d'autres époques sont autant d'expressions phallocrates, misogynes, xénophobes, racistes appelant à la haine, à la destruction de l'autre le différent voire à l'égorger – textes '' bien humains, trop humains '' pour cesser d'en parler comme de révélations
Seule La lecture des textes permet l'examen et par conséquent à l'esprit critiquede démontrer ce qu'il en est deces idéologies dont l'impact est de délier et non de relier les gens....de mettre en échec à contrarioles charlatans qui profitent que les ou leurs '' adeptes '' n'ont pas lus ou trouver le temps de lire, ni dans leurs milieux formés à l'esprit de critique pour leur faire accroire cette idée que leur religion est une religion de paix et d'amour...et que l'on ne peut pas, comble de la superstition, vivre sans religion
Lire soi-même...et comprendre...ils n'ont pas vus dans l'homme, que le corps estprincipe de vie et de pensée – Parler dela Psyché, c'est dire le corps
Crab –27 décembre 2010 -
Suite sur : Roméo-Juliette-Inde
http://laiciteetsociete.hautetfort.com/romeo-juliette-inde/
Ci-dessous - La totalité du texte :
Cupidon et Psyché
Il y avait une fois un roi, père de trois filles ravissantes. La plus jeune, Psyché, surpassait tellement ses sœurs en éclat, qu'auprès d'elles, elle paraissait être une déesse frayant avec de simples mortelles. La renommée de sa beauté s'étendit sur toute la terre et de tous côtés les hommes se mettaient en route pour venir la contempler avec émerveillement et adoration. Ils allaient jusqu'à dire que Vénus ne pouvait rivaliser avec cette mortelle. Et tandis qu' ils se pressaient autour d'elle, plus aucun d'eux n'accordait une pensée à Vénus. Les temples de la déesse étaient négligés, ses autels recouverts de cendres froides; désertées, ses villes consacrées tombaient en ruines. Tous les honneurs allaient maintenant à une simple jeune fille destinée à mourir un jour.
La déesse ne pouvait accepter pareille façon d'agir. Comme à chaque fois qu'elle se trouvait dans l'embarras, elle requit l'aide de son fils, que d'aucuns appellent Cupidon et d'autres l'Amour, et contre les flèches duquel il n'existe aucune défense, pas plus au ciel que sur la terre. Elle lui dit ses griefs et comme toujours, elle le trouva prêt à obéir à ses ordres.
«Use de ton pouvoir», lui dit-elle,«et fais en sorte que cette petite effrontée s'éprenne follement de la plus vile, de la plus méprisable créature qui soit au monde».
Il l'aurait fait, si Vénus ne lui avait d'abord montré Psyché. Lorsqu'il la vit, ce fut comme si lui-même s'était percé le cœur d'une de ses propres flèches. Il ne dit rien à sa mère; il n'avait plus la force de proférer un mot, et Vénus le quitta persuadée qu'il mènerait rapidement Psyché à sa perte.
Les choses se passèrent bien autrement qu'elle n'y comptait. Psyché ne s'éprit nullement d'un scélérat; en fait, elle ne s'éprit de personne et chose plus étrange encore, personne ne s'éprit d'elle. Les hommes se contentaient de la contempler, de l'admirer, de l'adorer, puis passaient et en épousaient une autre. Ses deux sœurs, bien qu'infiniment moins séduisantes, avaient chacune d'elles trouvé un roi pour mari. Psyché, la toute belle, restait triste et solitaire, toujours admirée, jamais aimée. Aucun homme, semblait-il, ne la voulait pour épouse.
Ceci était une grande cause de souci pour ses parents. Son père se rendit auprès d'un oracle d'Apollon, pour demander le moyen de trouver un bon mari pour Psyché. Le dieu consentit à répondre, mais ses paroles furent terribles. Entretemps, Cupidon lui aussi était venu implorer son aide. En conséquence, Apollon décréta que Psyché, vêtue d'habits de deuil, devait être menée sur le sommet d'une colline et y rester seule; là, le mari qui lui était destiné, un serpent ailé, terrifiant, et plus fort que les dieux viendrait à elle et l'épouserait.
Le père désespéré rapporta ces nouvelles lamentables. On para la jeune fille comme pour ses funérailles et on la mena sur la colline. Psyché seule gardait tout son courage.
« C'est beaucoup plus tôt que vous auriez dû pleurer sur moi, à cause de cette beauté qui m'a valu la jalousie du ciel. Partez maintenant, et sachez que je suis heureuse d'en voir venir la fin »
Sur la colline, dans l'obscurité, Psyché restait assise, attendant elle ne savait quelle épouvante. Tandis qu'elle pleurait et tremblait, un léger souffle parvint jusqu'à elle, la douce haleine de Zéphyre, le plus doux des vents. Elle sentit qu'il la soulevait. Elle glissa dans l'air, depuis la colline rocheuse jusqu'à une grande prairie moelleuse comme un lit, odorante de fleurs. Il y faisait si paisible qu'elle en oublia tous ses soucis et s'endormit.
Elle se réveilla près d'une rivière scintillante, au bord de laquelle s'élevait un château imposant et magnifique , avec des colonnes en or, des murs en argent et des dallages incrustés de pierres précieuses. On n'entendait aucun son; l'endroit semblait désert et Psyché s'approcha, intimidée par la vue d'une telle splendeur. Comme elle hésitait sur le seuil, son oreille perçut des sons; elle ne voyait personne mais les mots lui parvenaient clairement.
«La maison est à toi» , disaient-ils. «Entre sans crainte, baigne-toi, rafraîchis-toi; ensuite on dressera pour toi la table du banquet»
Jamais elle n'avait pris de bain si délicieux, ni goûté à des mets plus délectables. Tandis qu'elle dînait, une douce musique se répandait autour d'elle -- une harpe accompagnant un chœur nombreux, semblait-il; elle ne fait que les entendre, sans les voir. Toute la journée elle resta seule; mais sans pouvoir se l'expliquer, elle était certaine qu'à la tombée de la nuit, son mari viendrait. Et il en fut ainsi.
Quand elle le sentit près d'elle et qu'elle entendit sa voix murmurer doucement à son oreille, toutes ses craintes l'abandonnèrent. Sans le voir, elle savait qu'il n'était ni un monstre ni une forme d'épouvante, mais bien l'amant et l'époux qu'elle avait si longuement désiré et attendu.
Cette demi-présence ne pouvait pleinement la satisfaire; cependant, elle était heureuse et le temps passait vite. Mais une nuit, son cher bien qu'invisible époux lui parla gravement et l'avertit qu'un danger la menaçait -- sous la forme de ses deux sœurs.
«Elles se rendent sur la colline où tu as disparu,afin d'y pleurer sur toi », lui dit-il. «Mais à aucun prix il ne faut qu'elles t'aperçoivent. Sinon, tu deviendrais pour moi la cause d'une grande peine et pour toi, celle de ta propre destruction».
Elle promit de ne pas se laisser voir, mais passa toute la journée à pleurer en pensant à ses sœurs et à la défense qui lui était faite. Elle pleurait encore lorsque son mari revint et même les caresses qu'il lui prodigua ne purent tarir ses larmes. Avec chagrin, il céda en lui faisant promettre de faire attention.
Le lendemain, portées par Zéphyre, les deux sœurs entrèrent dans le palais et en virent tous les trésors; attablées devant le somptueux banquet, elles entendirent la merveilleuse musique. Une amère envie s'empara d'elles ainsi que la curiosité. Elles voulaient connaître l'époux, le seigneur de toute cette magnificence.
Mais Psyché tint parole et se contenta de répondre que son mari était un homme jeune et qu'il était parti à la chasse. Puis après avoir rempli leurs mains d'or et de joyaux, elle pria Zéphyre de les ramener sur la colline. Les deux sœurs quittèrent Psyché le cœur dévoré par la jalousie. Comparées à elle, toutes leurs richesses semblaient réduites à néant et leur colère envieuse grandit tellement qu'elles en vinrent à comploter la perte de leur sœur.
Cette nuit-là, l'époux la mit une fois de plus en garde. Mais elle ne voulait rien écouter, lui rappelant qu'elle ne pouvait jamais le voir et qu'on ne pouvait lui interdire de voir même ses sœurs qui lui étaient si chères. Il céda de nouveau et bientôt les deux méchantes femmes arrivèrent, leur complot soigneusement mis au point.
Elles se doutaient que leur sœur n'avait jamais vu son époux ne pouvant le décrire lorsqu'elles lui avaient demandé. Elles ne dirent rien mais lui reprochèrent de dissimuler sa désolante condition.
Elles avaient appris, ajoutèrent-elles, que son mari n'était pas du tout un homme mais bien l'affreux serpent annoncé par l'oracle d'Apollon. Il se montrait doux pour l'instant, mais une nuit viendrait où il se jetterait sur elle pour la dévorer.
Psyché sentait la terreur l'envahir. Elle s'était demandé si souvent pourquoi il ne lui permettait pas de le voir. Misérable à l'excès, troublée, balbutiante, elle laissa entendre à ses sœurs que son mari ne l'avait rejointe que dans l'obscurité la plus profonde.
«Il doit bien y avoir quelque chose d'horrible en lui pour qu'il craigne ainsi la lumière du jour», dit-elle en sanglotant, et elle les pria de lui donner un conseil.
Elles lui conseillèrent de cacher un couteau bien effilé et une lampe à côté de son lit puis quand son mari serait profondément endormi d'allumer la lampe et de plonger vivement le couteau dans la forme affreuse que la lueur de la lampe lui révélerait certainement.
Toute la journée Psyché qui aimait son cher époux, fut rongée par le doute. Le soir venu, elle était bien décidée à une chose : elle le verrait.
Quand enfin il s'endormit, elle rassembla son courage et alluma la lampe. Sur la pointe des pieds, élevant la lampe, elle regarda celui qui était étendu. Oh, de quel soulagement et de quelle extase son cœur fut rempli !
La lueur éclairait la plus belle des créatures. Envahie par la honte de sa folie et de son manque de confiance, elle tomba à genoux et s'il n'était tombé de ses mains tremblantes, elle aurait plongé le couteau dans son propre sein.
Mais tandis qu'elle se penchait, incapable de se refuser la joie de contempler tant de beauté, une goutte d'huile brûlante tomba de la lampe sur l'épaule du bel endormi. Il s'éveilla en sursaut, vit la lumière et la déloyauté de Psyché; sans un mot, il s'enfuit.
Elle courut derrière lui dans la nuit. Elle entendait sa voix qui lui parlait. Il lui apprit son nom et tristement lui dit adieu.
«L'amour ne peut vivre sans confiance» , et sur ces derniers mots, il la quitta.
« Le dieu de l'Amour » , pensa-t-elle. «Il était mon époux, et moi, misérable, j'ai manqué de foi en sa parole. Est-il parti à jamais ? De toute façon...» se dit-elle encore, « je peux passer le reste de ma vie à sa recherche. S'il n'éprouve plus aucun amour pour moi, je saurai, moi, lui montrer combien je l'aime » . Et elle se mit en route sachant qu'elle ne renoncerait jamais à le retrouver.
Il était allé rejoindre sa mère pour lui demander de panser sa blessure. Quand Vénus entendit son histoire et apprit qu'il avait choisi Psyché, elle le quitta avec colère et partit en quête de cette jeune fille dont il l'avait rendue plus jalouse encore. Elle était décidée à montrer à Psyché ce qu'il en coûte de s'attirer le courroux d'une déesse.
La pauvre Psyché tentait en vain de se concilier les dieux, mais aucun d'eux ne voulut faire quoi que ce soit qui pût attirer l'inimitié de Vénus. Elle comprit qu'il n'y avait aucun espoir de ce côté et elle prit la décision de s'adresser à Vénus elle-même en lui offrant de la servir. Elle se mit donc en route pour retrouver la déesse qui elle-même la cherchait partout.
Quand enfin elles se rencontrèrent, Vénus se mit à rire et lui demanda avec mépris si elle cherchait un mari, celui qu'elle avait eu refusant de la voir depuis qu'il avait failli mourir de la brûlure qu'elle lui avait infligée.
« Mais en vérité » , dit la déesse, «tu es si laide et tu paies si peu de mine que jamais tu ne trouveras un amoureux, si ce n'est en te rendant utile avec diligence et peine. Pour te montrer ma bonne volonté, je vais donc t'enseigner comment t'y prendre.»
Elle prit une quantité des graines les plus petites -- de blé, de coquelicot, de millet, et d'autres encore -- et les mélangeant toutes ensemble, elle en fit un grand tas.
«Dans ton propre intérêt, veille à ce que tout ceci soit trié pour ce soir» , dit-elle. Et sur ces mots, elle s'en alla.
Psyché s'assit et contempla le tas de graines. Désorientée devant tant de cruauté de cet ordre et un tâche aussi manifestement impossible. Mais celle qui n'avait su éveiller la compassion ni chez les mortels, ni chez les immortels, fut prise en pitié par les plus petites créatures, par les fourmis, ces ouvrières infatigables.
Elles vinrent par vagues successives et travaillèrent avec acharnement, séparant, triant, amoncelant; ce qui n'avait été qu'une masse confuse devint une série de monticules bien ordonnés, chacun composé d'une seule variété de semence. À cette vue, Vénus à son retour se mit fort en colère.
«Ton travail n'en est pas pour autant terminé» dit-elle.
Le matin suivant, elle trouva une nouvelle tâche plus dangereuse cette fois.
«En bas, près de la rivière, là où poussent ces épais buissons, se trouvent des moutons dont la toison est d'or,» lui dit-elle. «Va me chercher un peu de leur laine brillante.»
Quand la jeune fille atteignit le gracieux cours d'eau, un grand désir lui vient de s'y jeter et d'amener ainsi la fin des ses peines et de son désespoir. Comme elle se penchait une petite voix s'élevait du sol, et baissant les yeux elle comprit que la voix provenait d'un roseau. Il lui disait qu'elle ne devait pas se noyer, que les choses ne présentaient pas mal à ce point.
Les moutons étaient, certes, très violents et méchants, cependant le soir venu, ils sortaient des broussailles pour se reposer et s'abreuver au bord de la rivière. Il ne lui resterait plus qu'à entrer dans les fourrés et à y récolter toute la laine dorée accrochée aux ronces.
Psyché ayant suivi les conseils du gentil roseau fut à même de rapporter une grande quantité de fils d'or à sa cruelle maîtresse. Vénus s'en saisit avec un sourire plein de fiel.
«Quelqu'un t'a aidée» , dit-elle d'un ton brusque. «Seule tu n'aurais pu venir à bout. Je vais te donner une nouvelle occasion de prouver que tu as le cœur aussi résolu que tu le prétends. Vois-tu cette eau noire qui descend de cette colline ? C'est la source du fleuve terrible et haï, le Styx. Tu y rempliras le flacon que voici. »
C'était la plus dure des tâches imposées jusqu'ici; Les rochers qui l'entouraient de tous côtés étaient si escarpés et si glissants, l'eau s'y précipitait d'une façon si terrifiante, que seule une créature ailée eût pu s'en approcher. Son sauveur, cette fois, fut un aigle qui planait non loin de là. Avec son bec, il lui prit le flacon des mains, le remplit d'eau noire et le lui rapporta.
Mais Vénus s'entêtait. Tout ce qui se passait avait pour seul effet de l'inciter à de nouvelles tentatives. Elle donna une boîte à Psyché avec pour consigne de la porter dans le monde souterrain et de prier Proserpine d'y mettre un peu de sa beauté. Obéissante comme toujours, Psyché s'en fut à la recherche du chemin conduisant au Hadès.
Comme elle passait devant une tour, celle-ci s'offrit à la guider; elle lui donna un itinéraire détaillé qui la mènerait au palais de Proserpine : il fallait passer d'abord par un grand trou dans la terre, puis par la rivière de la mort où elle donnerait une obole au nocher Charon afin qu'il la déposât sur l'autre rive.
De là, la route descendait droit au palais. Cerbère, le chien aux trois têtes, gardait la porte, mais si elle lui offrait un gâteau, il s'apprivoiserait et la laisserait entrer.
Tout se passa bien entendu comme la tour l'avait annoncé. Proserpine ne demandait pas mieux que de rendre service à Vénus; Psyché reprit la boîte et s'en revint avec bien plus de célérité qu'elle était venue.
Par sa curiosité, elle provoqua elle-même l'épreuve suivante. Elle voulait voir le charme de beauté que contenait la boîte et peut-être en user un peu pour elle-même. Aussi bien que Vénus, elle savait que son apparence souffrait de tout ce qu'elle endurait.
Si seulement elle pouvait se rendre plus belle pour Cupidon. Elle ouvrit la boîte. À son grand désappointement, elle n'y trouva rien; la boîte paraissait vide. Cependant, une langueur mortelle la prit aussitôt et elle tomba dans un profond sommeil.
À ce moment critique, le dieu de l'Amour intervint. Il est difficile d'emprisonner l'Amour. Vénus avait verrouillé les portes, mais il restait les fenêtres. Rien de plus aisé pour Cupidon que de s'envoler et de se mettre à la recherche de sa femme.
En un instant, il enleva le sommeil des yeux de Psyché pour le remettre dans la boîte. Puis il réveilla sa femme en la piquant légèrement de la pointe d'une de ses flèches; il la gronda un peu pour sa curiosité, il lui dit de porter à sa mère la boîte de Proserpine et enfin lui affirma que tout se passerait bien désormais.
Tandis que l'heureuse Psyché s'empressait d'obéir, le dieu de l'Amour s'envolait vers l'Olympe. Il voulait s'assurer que Vénus ne leur causerait plus de difficultés, et il porta l'affaire devant Jupiter lui-même. Le Père des dieux et des hommes consentit aussitôt à tout ce que Cupidon lui demandait —
« Bien que» lui dit-il, «tu m'aies fait grand tort dans le passé — tu as sérieusement endommagé ma réputation et ma dignité en m'obligeant à me changer en taureau, en cygne et j'en passe...Néanmoins, je ne peux rien te refuser. »
Il convoqua les dieux en assemblée plénière; il leur annonça (à Vénus comme aux autres) que Cupidon et Psyché étaient officiellement mariés et il proposa d'accorder l'immortalité à l'épousée.
Mercure enleva Psyché au ciel et la déposa dans le palais des dieux; Jupiter lui-même la fit goûter à l'ambroisie qui la rendit immortelle. Vénus ne pouvait trouver à redire à ce qu'une déesse devînt sa belle-fille.
Elle se dit aussi que Psyché, vivant au ciel avec un mari et des enfants dont il lui faudrait s'occuper, n'aurait plus guère le temps de descendre sur la terre pour y tourner la tête aux hommes et s'immiscer dans son propre culte.
Tout se termina donc le plus heureusement du monde. L'amour et l'Âme, (car c'est là ce que signifie Psyché en grec) s'étaient cherchés et après de dures épreuves s'étaient enfin trouvés. Et cette union ne devait jamais plus se briser.

L'hydre de Lerne
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14:54 Publié dans - 0 - Le défi lancé à l'interdit - voeux pour 2011 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : femme, clan, monothéisme, codes de l'infamie |
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